Benoît Payan, maire de Marseille : « La République a pris un coup, mais elle en rendra dix »
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Benoît Payan, maire de Marseille.
LTD/Gregoire Elodie/ABACA
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Benoît Payan, maire de Marseille.
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LA TRIBUNE DIMANCHE – Quand vous apprenez la mort par homicide de Mehdi Kessaci, pensez-vous à un énième règlement de comptes ou à un « crime d’intimidation » comme l’a qualifié le ministre de l’Intérieur ?
BENOÎT PAYAN – Je récuse ce terme de règlement de comptes. Ce sont des assassinats. Quand j’apprends que Mehdi Kessaci est la victime ce jour-là, je suis sidéré. Je pense à son frère, à ses parents. Je me rends sur les lieux. Très vite, le procureur privilégie la piste de tueurs professionnels, aguerris, au sang froid.
C’est un tournant dans la guerre contre le narcotrafic ?
Quand le crime d’intimidation est évoqué, je comprends que l’on bascule dans quelque chose que l’on n’avait pas connu depuis l’assassinat du juge Michel, en 1981. La mort de Mehdi Kessaci a été commanditée pour faire taire, pour faire peur, pour faire baisser les yeux. La République a pris un coup, mais elle en rendra dix. C’est un assassinat qui teste l’État de droit, qui le pousse dans ses retranchements. La réponse doit être sans faille. L’État ne doit pas avoir la main qui tremble.
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Vous employez des termes que nous entendions au lendemain d’un autre 13 -novembre, en 2015. Peut-on parler de narco-terrorisme ?
Oui ! Ces assassins veulent terroriser et installer une omerta. C’est pour cela que la marche de samedi était importante, pour dire que l’on ne se taira pas et que l’État de droit est là. Les trafiquants ne sont pas des victimes de la société, ce sont des sanguinaires, pour qui la vie ne vaut rien. Ils ne gagneront pas.