Là où Jordan Bardella met en scène sa confrontation avec LFI, la députée du Pas-de-Calais a repositionné Édouard Philippe en principal adversaire de son camp.Tous les jours, « on lui envoie des idées à la con », s’irrite un proche de Marine Le Pen. Des pépites émergent parfois du tamis. Comme cette analyse que la cheffe des députés du Rassemblement national se fait imprimer au début du printemps. Il s’agit d’une note rédigée par Jérôme Sainte-Marie. L’ancien sondeur, dans les bagages du RN depuis 2022, l’a détaillée lors du « séminaire » organisé par le parti d’extrême droite les 16 et 17 avril pour organiser la campagne présidentielle à venir.
Il y évoque le second tour, dont la configuration s’annonce très ouverte, à l’exception d’une présence frontiste quasi assurée. Il identifie une autre forte probabilité, étayée par les enquêtes d’opinion et le climat politique : qu’un candidat du bloc central y soit également. À ce stade, le plus plausible est Édouard Philippe.
Cette grille de lecture, traduction du clivage entre blocs populaire et élitaire théorisé par Jérôme Sainte-Marie, sied à l’europhobe antisystème qu’est Marine Le Pen. Et, aussi, à ses conseillers Renaud Labaye et Ambroise de Rancourt - lui-même a été introduit par Jérôme Sainte-Marie à la députée du Pas-de-Calais. Les élections municipales les ont confortés.
La “Nouvelle France” contre la “France éternelle”, c’est un canapé intellectuel.