BAROMÈTRE. 88 % des Français se disent pessimistes quant à l’avenir de la situation économique

Une manifestation contre la hausse des prix des carburants, le 7 avril 2026.
LTD/REUTERS - Stephane Mahe

Une manifestation contre la hausse des prix des carburants, le 7 avril 2026.
LTD/REUTERS - Stephane Mahe
Est-ce là ce qui dissuade le corps social de s’embraser ? Parmi les sujets de préoccupation des Français répertoriés par Ipsos BVA et l’école d’ingénieurs Cesi pour La Tribune Dimanche, notre niveau d’endettement et de déficits a fait un bond significatif depuis le mois d’avril. Trois sondés sur dix en font un de leurs trois principaux thèmes d’inquiétude, derrière le pouvoir d’achat (49 %) et l’avenir du système social (41 %). Sur le plan politique, ce sont les sympathisants de Renaissance, du MoDem, d’Horizons et des Républicains qui s’en préoccupent le plus, mais aussi ceux du Parti socialiste (33 %) et du Rassemblement national (33 %).
« C’est un élément majeur de la tectonique des plaques d’opinion, prévient Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos BVA. Les Français éprouvent une forme de résignation concernant le pouvoir d’achat et sentent bien que le gouvernement n’a pas de marge pour agir sur le prix des carburants. » Ce phénomène est dopé par la morosité ambiante : 88 % des personnes interrogées pour ce baromètre se disent pessimistes quant à l’avenir de la situation économique mondiale, 91 % quant à celle de la France. Ce sont respectivement 6 et 3 points de plus par rapport au mois de février.
L’impopularité abyssale d’Emmanuel Macron (21 % d’avis favorables, -2 points) est un symptôme de cela. Son Premier ministre s’en tire à peine mieux (28 %, +1 point). « Le chef de l’État ne bénéficie pas du coup de projecteur sur l’actualité internationale et Sébastien Lecornu ne lui sert pas de pare-feu », constate Brice Teinturier. Chez les présidentiables de 2027, quelques évolutions sont notables. Il y a la progression d’Éric Ciotti, ininterrompue depuis trois mois et qui voit le maire de Nice recueillir 23 % d’avis « satisfaits » à l’idée de le voir accéder à l’Élysée, ex æquo avec Marion Maréchal.
Ces deux figures de l’extrême droite sont néanmoins dépassées par Gabriel Attal, dont le bond de 5 points (24 %) depuis avril est le plus spectaculaire. Le secrétaire général de Renaissance s’installe ainsi dans le top 3, derrière Jordan Bardella (34 %, stable) et Marine Le Pen (33 %, +1 point), mais surtout devant Édouard Philippe (22 %, -4 points).

« Gabriel Attal a su jouer de sa visibilité maximale et progresse surtout chez les sympathisants du centre, observe Brice Teinturier. Son côté énergique et présent sur l’actualité tranche avec ce que donne à voir Édouard Philippe. Il a des traits d’image similaires à ceux d’un Bernard Tapie à la fin des années 1980. » Pour l’heure, cette inversion des cotes d’avenir ne se lit pas dans les intentions de vote.
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