Après la mort de Lionel Jospin, « Comme un coup de tonnerre », réalisé lors de sa campagne présidentielle de 2002, connaît une seconde vie.Emma Rafowicz a 30 ans. Il y a quelques jours, elle a vu pour la première fois Comme un coup de tonnerre, le documentaire consacré à la campagne présidentielle de Lionel Jospin en 2002. La première secrétaire fédérale du PS à Paris y a découvert la simplicité de l’ancien élu du 18e arrondissement de la capitale, dont les militants les plus âgés lui avaient déjà fait part. L’ex-présidente des Jeunes Socialistes a aussi pu mieux saisir la mécanique irrépressible d’un accident industriel qui demeure un traumatisme pour la gauche. « C’est une leçon d’humilité, dit-elle. Malgré toutes les certitudes qu’on peut avoir, on peut se tromper à la fin. »
Ces dernières semaines, Emma Rafowicz n’est pas la seule à avoir regardé Comme un coup de tonnerre. Le documentaire réalisé par Jérôme Caza connaît une deuxième vie. Au lendemain du décès de Lionel Jospin, survenu le 22 mars, il a été remis en ligne sur la plateforme de France Télévisions. Depuis, de nombreux élus ou conseillers de l’ombre l’ont revu.
Dans l’imaginaire politique, Comme un coup de tonnerre, diffusé le 20 juin 2002 dans Envoyé spécial, avait laissé une trace profonde. Le réalisateur avait alors eu accès à toutes les coulisses d’une campagne qui chaque semaine dévissait davantage et allait conduire à l’éviction de la gauche du second tour de la présidentielle. Cela en avait fait un documentaire au matériau unique.
Le plus marquant reste l’effet de déconnexion par rapport à ce qui se passe dans le pays.