SONDAGE. 83 % des Français estiment que le vivre ensemble comptera dans leur choix électoral pour les prochaines municipales

Le vivre-ensemble compte parmi les valeurs les plus importantes pour les Français
LTD/Shutterstock

Le vivre-ensemble compte parmi les valeurs les plus importantes pour les Français
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Au moment de glisser leur bulletin dans l’urne les 15 et 22 mars prochains, plus de 80 % des électeurs auront à l’esprit la question du vivre-ensemble. C’est en tout cas ce que montre un sondage OpinionWay pour le Groupe SOS – association spécialisée dans l’économie sociale et solidaire, fondée par l’entrepreneur Jean-Marc Borello – que La Tribune Dimanche dévoile en exclusivité.
Le signe d’un regain d’intérêt pour la cohésion sociale à l’approche d’un scrutin local ? « C’est un enjeu au cœur des municipales », assure Gaëlle Tellier, vice-présidente du Groupe SOS. « La commune apparaît comme le dernier kilomètre de la cohésion sociale, poursuit-elle. Il y aura une prime aux candidats qui sauront incarner ce thème. »
Selon cette même enquête, menée auprès d’un échantillon de 3.000 personnes, le vivre-ensemble est la deuxième valeur la plus importante aux yeux des Français. Elle devance notamment l’égalité, le travail et la justice sociale, grimpe de 7 points par rapport à l’an dernier… et arrive même première chez les femmes. « Cela fait partie des éléments structurants dans la façon dont les Français appréhendent la vie en société », analyse Frédéric Micheau, directeur adjoint d’OpinionWay.
Si cette notion est donc largement plébiscitée, son adoption dépend aussi des appartenances politiques. Environ 95 % des sympathisants socialistes et écologistes y voient ainsi « un bon projet pour la France », contre seulement 68 % des partisans du Rassemblement national. Même constat quant à l’idée selon laquelle il s’agirait d’une « idéologie néfaste » : 43 % des électeurs du RN acquiescent contre seulement 17 % des Écologistes.
Peu surprenant, juge le politologue Bruno Cautrès, car « derrière ce clivage se joue la question de l’universalisme ». « Cette fragmentation politique est moins marquée que prévu, nuance Frédéric Micheau. Le vivre-ensemble est en train de se dépolitiser et de se normaliser. »
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À l’échelle nationale, l’école et les associations en tout genre apparaissent comme les acteurs considérés comme contribuant le plus au vivre-ensemble. Les responsables politiques arrivent bons derniers, cela n’empêchant pas les Français interrogés de se préoccuper de cohésion sociale au moment de désigner leur édile. « Le maire reste relativement épargné par cet océan de défiance politique, dit encore Frédéric Micheau. Mais tout ce qui relève de la société civile est très valorisé. Les citoyens se disent que c’est aussi à eux de faire advenir le vivre-ensemble. »
Rien d’étonnant, donc, à ce que l’idée d’encourager la participation des habitants aux décisions locales se classe sur le podium des actions à mettre en œuvre pour renforcer le vivre-ensemble au niveau local. Le sondage met aussi en avant l’accompagnement des enfants dans la lutte contre les discriminations ainsi que la mobilisation contre l’isolement des personnes âgées.
Cette dernière proposition est prépondérante chez les habitants des communes rurales : 51 % la considèrent comme la mesure prioritaire. Une étude publiée par la Fondation Jean-Jaurès en 2025 démontre une surreprésentation des plus de 65 ans dans la majorité des territoires ruraux.
Parmi les autres mesures suggérées : développer des lieux de sociabilité, renforcer l’accès à la culture et au sport ou encore favoriser la mixité sociale et générationnelle dans les quartiers. Des objectifs qui, à en croire les conclusions du Groupe SOS, reposent au moins autant sur le tissu associatif que sur des politiques publiques spécifiques. « Affaiblir ce secteur revient à mettre à mal le vivre-ensemble », prévient ainsi Gaëlle Tellier.
Pour les futurs maires, cela laisse présager de délicats arbitrages alors que le budget de l’État pour 2026 réclame environ 2 milliards d’euros d’efforts aux collectivités locales. À Paris, les candidates Rachida Dati (LR) et Sarah Knafo (Reconquête) ont chacune fait de la baisse des subventions accordées aux associations un argument de campagne.
Car si la majeure partie des sondés semble prendre ce concept à cœur, ils sont aussi nombreux à penser que le vivre-ensemble est loin d’être acquis. Une courte majorité d’entre eux (52 %) considère qu’il ne s’agit pas d’une réalité en France. Enfin, une personne sur cinq se sent personnellement exclue. « La société reste très clivée, conclut le chercheur Bruno Cautrès. Et cela persiste de manière assez structurelle. »