Une image du navire espion russe Yantar, qui opère au large de la côte nord de l’Écosse, est projetée sur un écran pendant le discours du ministre de la Défense, John Healey, sur la manière dont l’industrie britannique de la défense génère de la...
LTD/Stefan Rousseau via REUTERS - PA Wire/PA Images
Ce mercredi, l'Irlande prend la présidence tournante de l’UE. Neutre et quasi inexistant militairement, le pays est une cible idéale dans la guerre hybride menée par le Kremlin.
Vous l’ignorez peut-être, mais si vous avez déjà pris un vol pour Dublin, vous avez emprunté la voie aérienne la moins sécurisée d’Europe. L’Irlande est en effet le seul pays de l’Union européenne (UE) dépourvu de radar militaire, qui détecte la présence et la position d’aéronefs. Si un avion, ou tout autre objet volant, coupe son transpondeur, le risque de collision augmente considérablement.
« Notre défense nationale est incapable de repérer des avions militaires se déplaçant à grande vitesse dans notre espace aérien », reconnaît Tony Geraghty, ancien commandant au sein de la marine irlandaise.
C’est cette faille de sécurité qui explique en partie l’incident majeur survenu en décembre, lors de la visite de Volodymyr Zelensky. À peine le président ukrainien avait-il atterri à Dublin qu’« au moins quatre drones de la taille d’un petit réfrigérateur » ont été détectés sur la trajectoire exacte de l’avion, à la limite des eaux territoriales irlandaises, avant de se volatiliser.
« L’accident a été évité uniquement parce que l’avion de Zelensky était en avance sur son horaire, mais ces drones ne dissimulaient pas leur présence », raconte Niall O’Connor, ex-policier devenu journaliste d’investigation, à l’origine de la révélation.
Aucun avion de chasse
Cette affaire a confirmé un douloureux constat : alors que la guerre russe en Ukraine a convaincu l’Europe de se réarmer, l’Irlande apparaît aujourd’hui comme l’un de ses maillons faibles sécuritaires. Une situation inquiétante alors que le pays prend mercredi, et pour six mois, la présidence tournante du Conseil de l’UE.
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Ce statut devrait l’exposer à un risque accru de menaces hybrides russes. Avant lui, la Pologne, le Danemark ou Chypre, tous ont été ciblés durant leur mandat par des acteurs étrangers, subissant cyberattaques, désinformation et fuites de documents. Thomas Byrne, le ministre irlandais des Affaires européennes, a d’ailleurs averti dès février que son pays « sera vraisemblablement visé par des attaques russes ».