LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel est l’objet exact de la mission qui vous a été confiée ?
JÉRÉMIE PATRIER-LEITUS — Le Premier ministre et la ministre de la Culture ont souhaité que notre mission - je la mènerai avec un préfet - formule rapidement des propositions concrètes pour mieux sécuriser nos édifices patrimoniaux, leurs œuvres et leurs objets.
Évaluation et gestion des risques, gouvernance, responsabilité et coordination entre les acteurs culturels et les forces de sécurité, protocole, équipement, financement : autant de sujets sur lesquels nous devrons avoir des recommandations précises. Nous auditionnerons de nombreux acteurs du patrimoine et de la sureté. Des experts français mais également étrangers car nos préconisations doivent s’inspirer des standards et des normes qui font référence à l’international.
Le champ de la mission dépasse le seul cas du Louvre ?
Le Louvre doit nous servir d’électrochoc car aujourd’hui plus aucun lieu patrimonial culturel ou cultuel n’est épargné : vols dans des musées régionaux, pillages dans nos églises rurales. Notre patrimoine le plus emblématique comme le plus vernaculaire est devenu la cible de délinquants, de trafics internationaux, de filières de plus en plus organisés et mondialisées, avec des motivations et des modes opératoires nouveaux. Nous concentrerons nos propositions sur le patrimoine public protégé et non protégé, propriété de l’Etat ou des collectivités locales.