L’ex-Insoumis prévient qu’il sera candidat même si la primaire de la gauche n’a pas lieu. Pour mener campagne, il assume se saisir de sujets inflammables comme l’immigration.Tout ne s’est pas passé exactement comme prévu pour François Ruffin. Ravi de son meeting en plein air à Lyon samedi 25 avril, pour lequel il a revendiqué plus de 2000 personnes, le député de la Somme pensait avoir fait le plus dur : une démonstration de force qui n’avait rien à envier à celles de Jean-Luc Mélenchon. Le Picard voulait envoyer le message qu’il était capable de défendre sa propre candidature même si la primaire de la gauche était abandonnée.
« Je me prépare à être candidat, même s’il n’y a pas de primaire, prévient-il. Nous sommes en train de commencer la quête des 500 parrainages. » François Ruffin se targue par ailleurs d’avoir déjà réuni 100.000 signatures de « citoyens ». Preuve, selon lui, qu’il se passe quelque chose. « Il y a un bruissement ; il faut le laisser monter dans le pays, en suscitant de l’intérêt », soutient-il.
Une semaine plus tard, ce n’est pourtant pas son rassemblement qui a marqué les esprits, mais sa position sur l’immigration énoncée mardi matin sur France 2. « Je suis hostile à l’immigration pour le travail », a-t-il affirmé sans détour, estimant que celle-ci répond en partie aux exigences du grand patronat pour réduire les salaires. Le député de la Somme a par exemple considéré que « la France ne doit pas faire appel à des médecins algériens, tunisiens, roumains » mais doit « avoir ses médecins qu’elle forme ». Très vite, une partie de la gauche lui a reproché d’opposer travailleurs français et travailleurs étrangers et de stigmatiser ceux qui souhaitent venir travailler en France. En clair, de venir sur le terrain de l’extrême droite…