Rattrapé par ses liens passés avec Epstein, le président de l’Institut du monde arabe a annoncé sa démission ce samedi 7 février.Finalement, la pression aura été plus forte que toutes ses dénégations. Jack Lang devait être reçu dimanche 8 février par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, mais le président de l’Institut du monde arabe a proposé sa démission samedi soir dans une lettre consultée par l’AFP. Il n’avait plus vraiment le choix.
À 86 ans, l’ancien ministre de la Culture est pris dans la tentaculaire affaire Epstein et son départ semblait de plus en plus inéluctable. « Le soupçon d’une connivence malsaine est plus fort que lui. C’est un rouleau compresseur », acte l’un de ses proches.
Mercredi soir, il avait pris un avion pour Marrakech pour se rendre à un prix d’art contemporain du monde arabe. Mais il avait dû écourter son séjour pour rentrer plus tôt que prévu. Jeudi, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont évoqué son cas, avant de décider de le convoquer. Puis l’Élysée lui a fait savoir qu’il lui était demandé de « penser à l’institution ». Vendredi soir, la pression est encore montée d’un cran encore lorsque le PNF a ouvert une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».
Dans un communiqué transmis à l’AFP samedi 7 février, l’ancien ministre a dit accueillir cette nouvelle « avec sérénité et même soulagement ». « Elle permettra de faire toute la lumière sur des accusations portant atteinte à ma probité et à mon honneur », a-t-il affirmé, dénonçant des « accusations infondées ». Sa situation personnelle – sa femme, Monique Lang, est très affaiblie physiquement – l’a aussi poussé à quitter une fonction qui n’était plus tenable dans une telle tempête.