ENTRETIEN EXCLUSIF — L’ancienne ministre de l’Éducation nationale se dit « soulagée » de « l’esprit de responsabilité » affiché par le PS après le choix de ce dernier de ne pas voter la censure.Élisabeth Borne a quitté lundi le ministère de l’Éducation nationale, où elle est restée dix mois. Députée du Calvados, elle va désormais retrouver les bancs de l’Assemblée nationale. Jeudi, elle était à l’Élysée, où le chef de l’État avait invité une quinzaine d’élus Renaissance pour justifier le choix de l’exécutif de suspendre la réforme des retraites jusqu’à la présidentielle.
Si ce choix provoque un vrai trouble dans les rangs macronistes, l’ex-Première ministre, qui avait porté ce texte en 2023, avait elle-même plaidé pour une telle solution. Pour La Tribune Dimanche, elle revient sur sa position et les conditions de son départ du gouvernement Lecornu 2.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Regrettez-vous de ne plus être ministre de l’Éducation nationale ?
ÉLISABETH BORNE —Oui, il y a forcément une forme de regret. J’ai trouvé cette fonction passionnante. C’est là que l’on bâtit l’avenir de notre pays. Et puis personne ne peut se satisfaire de la succession de ministres à ce portefeuille. Édouard Geffray, qui prend ma suite à l’Éducation nationale, est le huitième. Cela dit, les réactions politiques et médiatiques à l’annonce du premier gouvernement de Sébastien Lecornu ne m’ont pas échappé non plus. Après la rupture annoncée, la présence des mêmes visages qu’auparavant avait suscité une incompréhension.
Enfin, vous savez, ça n’a rien d’évident, quand on a été Première ministre, de revenir dans un gouvernement. J’avais accepté la proposition d’intégrer celui de François Bayrou car nous étions dans un contexte de crise après la censure de Michel Barnier et que je crois profondément à la nécessité d’avoir une force centrale dans notre vie politique, une ligne que porte le MoDem depuis des années. Mais les turbulences de ces dernières semaines m’ont fait mesurer qu’il n’était pas possible d’être dans un gouvernement dont je ne connais pas la ligne.