Fin septembre 2024, un des plus proches conseillers de Bruno Retailleau n’en revient toujours pas. « On pensait mourir de notre belle mort au Sénat ! » se gondole-t-il en préparant ses cartons pour aller s’installer au ministère de l’Intérieur. Un an plus tard, le même fidèle est tombé de haut. Son chef a provoqué lundi 6 octobre une chute de dominos qui, un à un, ont sapé l’autorité qu’il s’est bâtie Place Beauvau puis en tant que président des Républicains. Jusqu’à penser qu’elle allait de soi ?
« Il y a un problème structurel dans ce parti, médite l’un de ses dirigeants, soutien de celui qui va bientôt retrouver son siège de sénateur de la Vendée, c’est que, dedans, tout le monde a besoin de se dire “ce mec-là peut nous sauver”. Or là, l’affaiblissement de Bruno fait que beaucoup ne se le disent plus. »
L’entourage du ministre démissionnaire s’interroge. Plutôt que dans un message sur X, même mûrement réfléchi, aurait-il dû annoncer sa rupture avec Sébastien Lecornu par la voie plus traditionnelle d’une dépêche AFP ? « On a pu donner le sentiment d’agir sous le coup de l’émotion », admet rétrospectivement un lieutenant. Ces détails sont dérisoires aujourd’hui. Ne resteront que les conséquences de choix antinomiques – au moins en apparence – faits en l’espace d’un dimanche 4 octobre.
Après s’être péniblement auto-convaincu de rester au sein de l’exécutif, dont les dosages politiques s’annonçaient semblables à ceux de l’équipe Bayrou, Bruno Retailleau a tout envoyé valser quelques heures plus tard. Et engendré, ce faisant, l’un des plus pathétiques épisodes de la crise gouvernementale dans laquelle la France est engluée depuis seize mois.