Du gris, des amas de ruines. Des rues qui n’en sont plus, des carrefours détruits qui parfois ne permettent même plus de se repérer. Dans un mélange de soulagement et de prudence, ces derniers jours, des milliers de Palestiniens parcouraient la ville de Gaza dévastée pour tenter de retrouver leur logement ou ce qu’il en reste. Selon la défense civile, depuis vendredi 10 octobre à midi, près de 500.000 Palestiniens sont revenus dans la principale cité du nord de l’enclave.
Un demi-million de Gazaouis ont été obligés de partir de chez eux après le début de l’offensive terrestre israélienne mi-septembre contre la ville. Officiellement, Tsahal voulait finir de neutraliser le Hamas. Des tours d’habitations, déclarées comme des bastions du mouvement islamiste, ont ainsi été pulvérisées après des appels à évacuer en quelques minutes.
La nuit du vendredi 10 au samedi 11 octobre, la première après le début du cessez-le-feu, a été étonnamment calme dans le territoire. À part le bruit de quelques drones, incessant ces deux dernières années, aucun bombardement n’a réveillé les enfants en sursaut. « Je suis contente que la guerre s’arrête enfin, soupire Sharifa Dremli. Mais je ne peux pas revenir chez moi. » La mère de famille de 35 ans vit avec son mari, leurs trois enfants de 3, 11 et 12 ans, ses beaux-parents, des beaux-frères et leurs familles, dans la cave aveugle d’un immeuble à moitié détruit dans le camp de Nousseirat au centre de la bande de Gaza. La pièce n’ayant pas d’électricité, tout le monde reste dehors toute la journée.