BAROMÈTRE POLITIQUE. Sébastien Lecornu gagne 11 points de popularité

Sébastien Lecornu, en visite dans un commissariat, samedi 11 octobre.
LTD/Reuters

Sébastien Lecornu, en visite dans un commissariat, samedi 11 octobre.
LTD/Reuters
Aura-t-il encore vingt-quatre heures pour construire quelque chose avec les Français ? Dans le cadre de leur baromètre mensuel réalisé pour La Tribune Dimanche, l’institut Ipsos BVA et l’école d’ingénieurs Cesi ont mesuré l’embryon de popularité de Sébastien Lecornu. Démissionnaire après vingt-sept jours de concertation avec les différents partis politiques, le Premier ministre reconduit vendredi 10 octobre a vu sa cote progresser d’une dizaine de points en l’espace de quelques semaines, atteignant les 27 % d’avis favorables sur l’ensemble des sondés.
Un lot de consolation minime – 55 % ont un avis défavorable sur le -Normand – compte tenu du marasme considérable dans lequel le pays semble définitivement empêtré.
Les premiers à en porter le chapeau, montre l’étude, sont les principaux acteurs de ce qu’on appelait encore récemment le socle commun. À savoir la fragile alliance entre le bloc central, postmacroniste, et Les Républicains. Qu’il s’agisse de Bruno Retailleau, d’Édouard Philippe, de Gabriel Attal ou de Gérald Darmanin, tous perdent des plumes à l’issue de cette désastreuse séquence qui voit le gouvernement de la France tenir à un fil.
La chute la plus sévère est celle du ministre démissionnaire de l’Intérieur, mesuré à 20 % de taux de satisfaction. Il était à 27 % il y a encore un mois. Le maire du Havre est à 22 % après avoir été à 32 % en mars ; le secrétaire général de Renaissance est à 19 %, ex aequo avec le ministre démissionnaire de la Justice.

« C’est une véritable déculottée, constate Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos. Ces personnages ont tous donné aux Français le sentiment d’être dans des bisbilles personnelles, d’avoir ajouté au désordre national pour des enjeux de campagne présidentielle. »
Le politologue estime par exemple qu’Édouard Philippe paie auprès de son propre électorat, légitimiste et attaché à la stabilité, le fait d’avoir appelé Emmanuel Macron à programmer sa démission. Gabriel Attal, critique à l’égard du chef de l’État, est dans une situation analogue. Bruno Retailleau dévisse lui aussi chez les siens : seuls 55 % des sympathisants de la droite se disent satisfaits de l’ancien sénateur de Vendée, ils étaient 62 % en septembre.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Dans le même segment, Jordan Bardella et Marine Le Pen grappillent des points : 42 % de bonnes opinions chez les sympathisants LR pour le président du Rassemblement national (+11 points), 35 % pour la cheffe des députés RN (+10 points). Les deux figures de l’extrême droite trustent toujours le haut du podium politique, rejointes par une troisième : Marion Maréchal.

L’eurodéputée nationaliste, vice-présidente des Conservateurs et réformistes européens, chantre de l’union des droites, recueille désormais 24 % d’avis favorables auprès de l’ensemble des sondés. « Dans le baromètre, le pessimisme des Français quant à la situation économique de leur pays est au sommet [88 %], observe Brice Teinturier. Cette période d’anxiété maximale amène les gens à se tourner vers des solutions autoritaires ou donnant le sentiment d’offrir davantage de protection. » On voit bien la traduction de ce sentiment.

Retrouvez l'intégralité du baromètre ici.
À lire également
Baromètre réalisé sur un échantillon national de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus du 9 au 10 octobre 2025. Échantillon interrogé par Internet via l'Access Panel Online d'Ipsos.