ENTRETIEN — Très proche du Premier ministre, l’élue des Hauts-de-Seine appelle son camp, comme le PS, à la responsabilité avant le vote de mardi sur le PLFSS.LA TRIBUNE DIMANCHE — Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) sera soumis au vote des députés mardi 9 décembre. Êtes-vous optimiste quant à son adoption ?
MAUD BREGEON — On peut y arriver. L’Assemblée a débattu plus de cent vingt heures sur ce texte. Le gouvernement aurait pu utiliser déjà par quatre fois le 49.3 et cela n’a pas été nécessaire. C’est déjà un résultat d’en être arrivé là ! Les débats ont été extrêmement denses mais ils étaient nécessaires dans un Parlement aussi fragmenté et sans majorité absolue. Ce projet de loi de financement pour la Sécurité sociale n’est pas parfait mais, à date, il est le meilleur budget possible ; personne n’ayant fait la démonstration qu’une majorité existe pour un autre. Et d’ailleurs personne n’a tenté de proposer une alternative. Enfin, ne pas avoir de budget serait dangereux pour notre protection sociale, nos comptes publics et durablement pour l’image du Parlement.
Le résultat s’annonce très serré. Comptez-vous dans ces conditions sur une solidarité totale du socle qui soutient Sébastien Lecornu, et notamment des Républicains et d’Horizons, qui ont exprimé des doutes ces derniers jours ?
La droite incarne le sérieux budgétaire. On ne peut pas se permettre le vide budgétaire. Sommes-nous convaincus que la France doit être dotée d’un budget ? La réponse est oui, et c’est ce que toutes les forces politiques ont dit en septembre. Partageons-nous la nécessité de réduire le déficit de la Sécurité sociale ? La réponse est également oui. Sans PLFSS, il atteindra 30 milliards d’euros en 2026, soit un doublement en deux ans. Voilà ce qui se joue mardi 9 décembre. Personne ne peut le nier. Sans oublier les progrès sociaux que ce texte porte, et que l’on ne peut pas repousser d’un revers de main.