La mise à disposition des archives du parti d’Adolf Hitler par l’hebdomadaire « Die Zeit » bouscule les familles, brise le voile du déni et questionne sur les responsabilités individuelles.Pour Annette Krause, tout s’est accéléré lundi dernier. Jusqu’à présent, la sexagénaire, bibliothécaire dans une ville moyenne de la région de Stuttgart, n’avait jamais reçu la preuve de l’adhésion de son grand-père Fritz Berdau au NSDAP, le parti national-socialiste dirigé par Adolf Hitler. Au tournant des années 2020, elle avait envoyé une requête en bonne et due forme au service des archives fédérales allemandes sans jamais recevoir de réponse.
Début avril, la mise en ligne du registre numérisé du parti nazi par les archives américaines, qui l’ont récupéré en 1945, lui ouvre une nouvelle porte : mais le site Internet, sursollicité, sature et les critères de la banque de données restent peu lisibles pour les néophytes en requête historique. « Je n’ai pas persévéré avec les archives fédérales ni avec le site américain ; j’ai connu mon grand-père et j’avais compris très tôt qu’il se revendiquait encore de cette idéologie », avoue-t-elle. Pourtant, il y a quelques jours, avoir une simple suspicion de l’extrémisme politique de son aïeul maternel ne lui suffisait plus.
En quelques minutes, lundi, elle a donc souscrit un abonnement d’essai à l’hebdomadaire Die Zeit, 1 euro pour quatre semaines. En récupérant les protocoles Internet du site américain, la rédaction du magazine a en effet développé son propre moteur de recherche par intelligence artificielle, mis en ligne le 2 avril.