LA TRIBUNE DIMANCHE – Comment êtes-vous devenue tatoueuse mammaire ?
LAURENCE MALZARD – Après deux métiers, j’ai eu besoin d’aller dans une voie ayant du sens. J’ai eu deux cancers du sein ; ma mère et ma grand-mère ont été touchées aussi. En parallèle, je faisais beaucoup de peinture à l’huile en loisir. À partir de 2017, j’ai commencé à entendre parler du tatouage de l’aréole. Je me suis d’abord formée au tatouage, avant de partir aux États-Unis pour une spécialisation sur les aréoles mammaires. J’ai ouvert mon cabinet en 2020.
Êtes-vous nombreux à proposer cette spécialité ?
Non, nous ne sommes qu’une poignée à ne faire que ça. Il y a beaucoup d’esthéticiennes qui se sont mises sur le créneau, sauf qu’elles le font rarement avec des encres de tatouage. Et sans bagage artistique, cela peut entraîner des loupés.
Comment se déroule la séance ?
Déjà, pour être tatouée, il faut attendre un an après les traitements de chimio ou de radiothérapie, que la poitrine soit stabilisée. Lors de la séance, je prends le temps d’expliquer, de rassurer. Il peut y avoir une appréhension sur la douleur, mais il faut savoir qu’un sein reconstruit n’a plus la même sensibilité. Je prends une photo avant. Je crée toutes mes couleurs. Puis je passe au tatouage. Ensuite, la cicatrisation dure un mois. Je déconseille la piscine, le bain et le sport intensif pendant cette période.