Les femmes ont été les grandes oubliées de l'accès au soin. « On est au Moyen Âge de la médecine de la femme, et ce retard s'explique par le fait qu'il s'agit de maladies de femmes, pour une médecine très longtemps faite par des hommes », se désole le Dr Serres-Cousiné, médecin radiologue à Béziers, dans le livre « Les négligées, enquête au cœur du business de la santé des femmes ».
D'abord, elles ont été exclues des essais cliniques dans les années soixante-dix. Deux médicaments alors testés sur les femmes enceintes - le Distilbène et la thalidomide - ont provoqué des anomalies génitales et des cancers. Pour ne pas prendre de risques, les femmes enceintes ont été alors bannies des expérimentations. Mais cela n'explique pas tout.
Une étude de l'Inserm indique que les chercheurs partaient du principe que le corps des hommes était plus facile à étudier. Ce n'est qu'en 1993 qu'une loi américaine a obligé les scientifiques à réintégrer les femmes dans les essais cliniques. Puisqu'il faut plus d'une dizaine d'années pour mettre un médicament sur le marché, la majeure partie des traitements que l'on trouve actuellement n'ont donc pas été testés sur elles.
Résultat : elles ont 50 % de risques supplémentaires de souffrir d'effets indésirables. Si cette tendance inégalitaire tend à se réduire ces dernières années, les femmes restent bien moins nombreuses en 2021 dans les essais pour les maladies cardiovasculaires, digestives, mentales ou encore les cancers.