Après les frappes survenues samedi 28 février, la communauté iranienne de Paris était très partagée : entre inquiétude pour la population locale et espoir de voir le régime renversé.Dans les restaurants iraniens de la rue des Entrepreneurs, dans le 15e arrondissement de Paris, les chaînes d’information tournent en boucle ce 28 février à l’heure du déjeuner. Les images des bombardements américains et israéliens sur plusieurs grandes villes de la République islamique défilent.
« Cela fait deux mois que l’on se réveille toutes les nuits, on se doutait que c’était imminent, relate Maryam (le prénom a été modifié), l’une des serveuses. On a l’espoir d’enfin se débarrasser de ce gouvernement et de son idéologie. »
D’autres s’émeuvent. « Je suis très inquiète pour ma famille là-bas, confie Afsaneh, gérante d’une épicerie voisine qui, malgré toutes ses tentatives, n’a pas réussi à joindre ses proches en raison de la coupure d’accès à Internet survenue après les explosions. On craint que cela ne fasse des victimes innocentes. » Comme elle, les quelque 40.000 Iraniens expatriés en France ont appris le 28 février au réveil qu’une offensive avait été lancée contre les Gardiens de la révolution. Ils oscillent entre peur pour leurs proches et espoir de voir le régime renversé.
Au centre culturel Pouya, dans le 10e arrondissement, la tranquillité des étudiants qui travaillent en buvant le thé tranche avec l’émoi du directeur, le musicien franco-iranien Abbas Bakhtiari. Peu avant 7 heures, une de ses amies proches employée à l’ambassade de France en Iran l’a averti au téléphone que des explosions avaient retenti à Téhéran, près de la résidence de l’ayatollah Khamenei. « J’ai regardé le plafond, soupire-t-il. Et je me suis demandé : “À quoi bon ? Pour quel résultat ?” »
Je ne crois pas que les bombardements puissent faire changer le système politique.
Abbas Bakhtiari, musicien franco-iranien