Frappes sur l'Iran : à Téhéran, les habitants reclus chez eux sont appelés à quitter la ville
Dylan Veerasamy avec AFP

De la fumée s'élève suite à une explosion à Téhéran, en Iran, le 28 février.
LTD/(West Asia News Agency)/Handout via REUTERS
Dylan Veerasamy avec AFP

De la fumée s'élève suite à une explosion à Téhéran, en Iran, le 28 février.
LTD/(West Asia News Agency)/Handout via REUTERS
Un silence rompu par les bombardements. Moins de neuf mois après les premières offensives aériennes menées par Israël sur Téhéran, les plus de 10 millions d'habitants de la capitale iranienne vivent un nouveau cauchemar.
Rues vides, magasins fermés, explosions ... Les habitants, terrés chez eux après de nouvelles frappes américano-israéliennes contre le pays ce samedi 28 février, ont été appelés à quitter la ville plusieurs heures après le début des opérations conjointes « menées par les Etats-Unis et le régime sioniste (Israël) contre Téhéran et certaines grandes villes », comme l'indiquent les autorités.
« Prenez, si possible et tout en gardant votre calme, la direction vers d'autres villes », somment les autorités dans un SMS envoyé aux Iraniens.
Après les multiples menaces lancées par le président américain Donald Trump au cours des dernières semaines à l'encontre du régime de Téhéran, les Iraniens redoutaient une offensive des Etats-Unis et d'Israël. Et ce, malgré le lancement de négociations entre Téhéran et Washington visant à éviter une confrontation.
Malgré l'appel au déplacement, seules la police et les forces de sécurité patrouillent en nombre, alors que peu de piétons se hasardent à sortir et que la majorité des magasins ont baissé le rideau. En attendant, les files visibles se concentrent devant les stations-service.
Pour les habitants de Téhéran, tout a basculé en l'espace de quelques instants. Lorsque la capitale iranienne a été visée, ses nombreux vaquaient à leurs occupations : les magasins venaient d'ouvrir, taxis et bus se frayaient lentement un chemin dans le trafic de milieu de matinée et de longues files d'attente se formaient devant les boulangeries. Et puis, le bruit des explosions et la vision des panaches de fumée.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

« J'entends des explosions et des avions de chasse au-dessus de ma tête », s'affolait dans la matinée un habitant du centre de Téhéran, où le ciel s'est brusquement chargé d'épais nuages de fumée.
Sur fond de cris perçants, les images d'une école de filles dans le sud de l'Iran, endommagée par des frappes qui ont tué au moins 85 élèves, ont été diffusées par des médias iraniens. Un lourd bilan que l'AFP n'a pas été en mesure de vérifier à l'heure actuelle.
D'après l'agence de presse Isna, le quartier Pasteur, où se trouve notamment la résidence du guide suprême et la présidence, dans le centre de Téhéran, ont été visés. Pour l'heure, le bilan est encore incertain : Israël a dit avoir frappé « des centaines de cibles militaires iraniennes », un responsable faisant état de « l'élimination » de plusieurs responsables, tandis que l'Iran n'a de son côté confirmé aucune mort de responsables.
En Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale, qui est la plus haute instance du pays en matière de sécurité, a spécifié que les plans d'urgence préparés en amont étaient activés. Les écoles et universités ont notamment reçu l'ordre de fermer jusqu'à nouvel ordre, tandis que les banques devaient rester ouvertes et les administrations fonctionner à moitié de leur capacité.
D'après des responsables cités par les médias locaux, l'approvisionnement en nourriture et en carburant est assuré pour l'heure, et métro et bus devraient continuer à fonctionner normalement malgré la situation.
Dylan Veerasamy avec AFP