Dans l'ombre de Roland-Garros, Serena Williams prépare son retour

A 44 ans, Serena Williams s'apprête à faire un nouveau retour sur les courts de tennis.
LTD/DIMITAR DILKOFF/AFP

A 44 ans, Serena Williams s'apprête à faire un nouveau retour sur les courts de tennis.
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Le calcul était vite fait. Avant le dénouement du week-end, les huit demi-finalistes de simple de ce Roland 2026 présentaient une carte de visite vierge de titre en Grand Chelem. Dans le tableau masculin, on pouvait même remonter jusqu’aux huitièmes. Alors, forcément, quand une collectionneuse revient faire coucou, ça secoue.
Serena Williams, c’est 23 Majeurs décrochés toute seule, 14 autres avec Venus l’aînée, et une aura dépassant les statistiques, fussent-elles incomparables. Dit autrement, c’est un pan de l’histoire du jeu qui y revient, cette semaine. Et des regards qui vont, sans transition, quitter Paris pour se fixer sur Londres. Le tournoi du Queen’s est l’heureux bénéficiaire du come-back de la reine américaine, 44 ans – ainsi que Victoria Mboko, 25 de moins et 9e mondiale, l’heureuse partenaire. Car il n’est question, pour l’heure, que de fouler l’herbe en double.
La nouvelle, annoncée lundi, n’est pas tombée du ciel. Depuis que l’intéressée est réapparue sur les listes antidopage, fin 2025, les rumeurs n’ont cessé de bruisser, la question étant moins « Va-t-elle revenir ? » que « Quand ? ». Début mars, Novak Djokovic, pas le moins averti de ce qui se trame en coulisses, se disait déjà certain de la chose, tandis que Serena Williams avait pris le parti d’une communication sibylline.
Ces derniers jours, maisons victoriennes en arrière-plan, on peut donc l’apercevoir avec ses longues mèches blondes affiner ses plans de frappe dans le quartier de West Kensington. Et, à cette idée, aucune voix ne s’est élevée façon « À quoi bon ? ». Les réactions du milieu oscillent entre enthousiasme et curiosité, près de quatre ans après la dernière apparition (à l’US Open) de celle qui, depuis, a eu une deuxième fille avec son mari, Alexis Ohanian, cofondateur du réseau social Reddit.
Autre légende américaine, John McEnroe trouve que c’est « génial pour le tennis », en se disant qu’il y a un peu d’amour-propre derrière tout ça. « Serena n’a pas remporté de Grand Chelem après la naissance de son premier enfant, et je sais qu’elle voulait prouver qu’elle était capable de le faire », a-t-il glissé au micro de TNT Sports. On n’en est évidemment pas là, à se demander si la quête du record de Margaret Court (24 Majeurs) est encore dans un coin de l’esprit, près d’une décennie après sa dernière levée (US Open 2017).
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Mais chacun s’accorde à penser que si la reine revient les raisons n’en sont ni futiles ni mercantiles – même si Nike a orchestré le retour. Et qu’elles ont plus à voir avec le plaisir évanoui de l’emprise sur le court. Si peu de doutes subsistent sur la qualité et la puissance de sa frappe, l’endurance et le déplacement seront des points d’incertitude à lever.
À cet égard, opter pour le double – une moitié de terrain à couvrir – et le gazon – échanges plus rapides – semble un choix pertinent pour se remettre d’équerre. Il sera prolongé à Berlin (WTA 500, comme le Queen’s) dès la semaine suivante. « Je me réjouis de […] continuer à gagner en confiance pour la saison sur gazon », a glissé Williams dans le communiqué des organisateurs.
Une séquence herbe qui pourrait la mener jusqu’à Wimbledon (29 juin-12 juillet), dont les invitations devraient être communiquées vers la mi-juin. Les organisateurs seraient évidemment ravis de lui en attribuer une. Pour le tableau de double, mais plus encore pour le simple, qui pourrait vite devenir une tentation irrésistible.
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