Plaisante mais délaissée par les stars, la discipline se cherche un second souffle. Et ses spécialistes, un peu de lumière.Pour l’accroche, on peut compter sur Reilly Opelka, qui ne lance pas les flammes qu’au service. Le double ? « On devrait s’en débarrasser. » Sinon ? « Les joueurs de simple devraient être les seuls autorisés à le disputer, pas des “spécialistes” qui ont été au mieux 769e mondial. » Ou encore : « Ils prennent les courts d’entraînement […] et ne vendent pas un seul billet. »
Pour finir : « Ce sont les athlètes les plus surpayés au monde. » Si les avis de l’Américain sont étrangers à la nuance, disent-ils quelque chose du fond de l’air ? Au-delà de la cocasserie à entendre un joueur assommant parler d’attractivité, le sujet existe. Car les temps sont durs. Tout le monde sait que le double existe, mais plus vraiment qui s’y illustre.
« Les spectateurs nous disent pourtant que c’est très plaisant, et pas parce qu’ils sont gentils, cadre Édouard Roger-Vasselin, pilier du secteur. Il faudrait juste un peu de marketing, de promotion. Parce que là, c’est zéro. On ne nous connaît pas. » La programmation en catimini sur les tournois n’aide pas. Cercle vicieux. L’an passé, la confrérie a suggéré l’idée d’un compte Instagram dévolu aux tandems. L’ATP a retoqué.
En le croisant dans les allées, combien à Roland-Garros seraient capables de reconnaître Mate Pavic, lauréat des quatre Grands Chelems ? Alors qu’il n’y a pas si longtemps, les jumeaux Bryan, et même les sœurs Williams (14 Majeurs, 22 titres WTA), étaient des têtes de gondole identifiées.
Il n’y a plus de joueur de simple dans le top 50, et les tournois ne seraient pas contre se passer du double