Sacré trois fois et monté sur le podium à cinq reprises à Antholz-Anterselva, Quentin Fillon Maillet est devenu le sportif français le plus médaillé aux Jeux. Il commence à réaliser.Samedi matin au téléphone, le débit de Quentin Fillon Maillet était assez ralenti. La mass-start puis le marathon médiatique qui a suivi sa troisième place ont épuisé ses dernières ressources. « Comme on boit très peu d’alcool, quelques verres ont suffi à nous enivrer », confie le Jurassien, qui d’ordinaire trouve aisément le sommeil.
Les biathlètes ne manquent pas de vocabulaire pour décrire la neige, mais pour les émotions c’est une autre histoire. Alors, on soumet au héros épuisé quelques formules vues ici et là : « l’homme des records », « le Normal One »… « Légendaire, c’est l’adjectif qui me touche le plus. Qu’on dise que je fais partie des monuments du sport, c’est impressionnant. » D’après sa tournure de phrase, c’est comme si lui-même ne partageait pas tout à fait cet avis.
Il est pourtant incontestable. À Antholz-Anterselva, « QFM » a ajouté quatre médailles à sa collection olympique, passant de cinq à neuf (dont cinq en or). Au nombre de podiums, il trône désormais au sommet du sport français. Seul.
Curieux de nature, il avait jeté un œil au tableau historique des médailles avant de venir en Italie. Il avait donc lu les noms de Philippe Cattiau et Roger Ducret, deux escrimeurs médaillés à huit reprises dans l’entre-deux-guerres. « Dépasser un record aussi ancien n’était pas un objectif, mais c’est une fierté. »