ENTRETIEN EXCLUSIF – À six jours de la finale de la Ligue des champions, le défenseur formé à Paris raconte l’équipe qu’il a quittée l’été dernier.Il « espère bien » être à Budapest samedi prochain et avoir encore de la voix pour encourager ses anciens coéquipiers. C’est que celle-ci a été mise à rude épreuve en cette semaine de tournée médiatique pour la sortie de son autobiographie #Laforce – Tomber et se relever (Fayard).
LA TRIBUNE DIMANCHE – Votre livre commence par votre main contre Manchester United en 2019, qui avait coûté la qualification en quart de finale de la Ligue de champions. Désormais, ce genre d’épisode tourne en faveur du PSG. Parce qu’il est devenu un grand, arbitré comme tel ?
PRESNEL KIMPEMBE – Je ne pense pas que ça ait à voir avec le fait que le PSG fasse partie des cadors. Quand j’ai mis cette main, c’était la première fois que la VAR était utilisée. Elle avait sans doute été sanctionnée dans ce contexte-là. Par la suite, c’est sûr qu’on en a vu, des mains, et des bien pires. Ça reste des faits de jeu. Il faut aussi savoir respecter les décisions arbitrales, même quand on n’est pas d’accord avec.
Les médias et le public parlaient de la malédiction du PSG. Était-ce un poids que vous sentiez aussi en interne ?
Je ne dirai pas une malédiction. Mais, c’est vrai, l’accumulation de sorties de route en huitième de finale a été dure à vivre. Pour tout le monde. Dans les têtes, ça a quand même laissé une trace. Et ça remontait quand on arrivait à ce stade de la compétition.
En 2022, diminué, vous avez préféré jouer cartes sur table avec Didier Deschamps et renoncer au mondial. Imaginez-vous qu’un joueur puisse être aussi honnête, cette semaine, avec Luis Enrique ?
Possible, mais ça reste propre à chacun. Moi, c’était ma décision donc c’était facile d’être honnête avec moi-même. Mais l’annoncer au sélectionneur m’a arraché le cœur, à l’époque. Une Coupe du monde, ça reste un rêve de gosse. J’avais beaucoup de fierté à défendre le maillot de l’équipe de France. Je savais que j’étais un privilégié. De ce fait, quelque chose dans ma tête me disait que j’avais besoin de laisser la place à quelqu’un qui serait à 100 %.