Tour de France : Tadej Pogacar, le maître du jeu

Le Slovène Tadej Pogacar, porteur du maillot jaune, lors de la 8ᵉ étape du Tour de France entre Périgueux et Bergerac, le 11 juillet 2026.
LTD/YOAN VALAT/EPA/MAXPPP

Le Slovène Tadej Pogacar, porteur du maillot jaune, lors de la 8ᵉ étape du Tour de France entre Périgueux et Bergerac, le 11 juillet 2026.
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La route vers Paris est une fête pour les huit coureurs au maillot UAE Team Emirates XRG ; une suite de défaites pour ceux qui ont plus d’un chiffre imprimé sur leur dossard. C’est-à-dire tous les autres. En route, lui, vers un cinquième sacre, Tadej Pogacar a empoché deux victoires en première semaine, comme en 2022 et l’an dernier. Sans le cadeau offert à Isaac del Toro à Barcelone dimanche dernier, le Slovène aurait signé trois victoires sur huit.
Mais si le geste a été diversement apprécié, il s’est peut-être assuré la loyauté du Mexicain pour la copieuse troisième semaine qui attend les meilleurs grimpeurs, dans les Alpes. Lui seul connaît ses parts de calcul et de spontanéité pour éviter le scénario d’un ennemi de l’intérieur, façon Wiggins-Froome en 2012.
Tadej Pogacar tient le guidon de sa machine et le stylo de scénariste de l’épreuve. Il décide où et quand gagner. Il décide comment. Il survole et il surprend. La stratégie de l’après-midi est rarement celle du matin. Quand le patron est en cannes, le plan de la direction sportive vole en éclats ; puis le peloton tout entier. Jeudi, il est passé pour la première fois de sa carrière en tête au sommet du col du Tourmalet et ne s’est pas relevé avant l’arrivée à Gavarnie-Gèdre, laissant Jonas Vingegaard groggy à 2’38”.
Le Danois, rempli d’espoir cinq jours plus tôt après le chrono enlevé par les Visma-Lease a Bike, a été assommé et pointe à 2’42” au classement général ; la course l’est peut-être aussi en partie. Pogacar, lui, a évoqué « l’une des victoires les plus savoureuses » sur le Tour de France.
Où est donc passé le coureur las de l’édition précédente, qui évoquait à mots découverts une vie loin de la Grande Boucle, où sa domination a sapé sa motivation ? L’arrivée d’un nouveau camarade de jeu capable de l’enquiquiner, Paul Seixas, lui a redonné la pêche et le goût de la bataille. De la chair fraîche pour le Cannibale, reparti pour un tour. Ou beaucoup plus.
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Tout va très bien, donc, mais rien n’est fait. Ces deux derniers jours sur le plat, « Pogi » a dit pause, façon « Jacques a dit ». Deux étapes qui ont récompensé le sprinteur belge Tim Merlier (Soudal Quick-Step), vainqueur hier à Bergerac comme la veille à Bordeaux. Mais aussi pour « bien se rafraîchir », « ne pas trop monter en température ».
Le quadruple vainqueur de la Grande Boucle s’occupe de tout, même du boulot de l’Union cycliste internationale (UCI), qui devrait se préoccuper sans délai de la sécurité des coureurs en surchauffe. Il lui a aussi été rappelé qu’il avait dépassé Eddy Merckx au nombre de victoires d’étapes en ligne ; comme toujours, il a bien fait comprendre qu’il se fichait des records.
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Et maintenant ? Le terrain accidenté du jour, entre Malemort et Ussel, pourrait plaire au puncheur Tim Wellens, son équipier belge, vainqueur l’an dernier à Carcassonne. Un bon de sortie lui sera-t-il accordé à la veille du premier jour de repos dans le Cantal ? C’est envisageable. N’invitez jamais Pogacar et sa bande dans un buffet à volonté : ils ont toujours de la place pour un peu de rab.