« Les emmerdes arrivent la nuit »: Thomas Coville à la poursuite du trophée Jules-Verne
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Benjamin Schwartz, coskippeur de Thomas Coville, à bord de « Sodebo Ultim 3 ».
LTD/ JEREMIE LE CAUDEY
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Benjamin Schwartz, coskippeur de Thomas Coville, à bord de « Sodebo Ultim 3 ».
LTD/ JEREMIE LE CAUDEY
Thomas Coville et ses six équipiers guettent avec gourmandise la nuit du 24 au 25 décembre. Pas pour le plaisir d’ouvrir des huîtres. Ce soir-là, ils devraient enfin « barrer à la Lune », éclairés par le satellite de la Terre.
L’astre blanc est le meilleur allié des navigations nocturnes, cet exercice si singulier. Son absence depuis qu’ils ont quitté Ouessant lundi, à bord du maxi-trimaran Sodebo Ultim 3, en quête du Trophée Jules-Verne, chrono en équipage autour du monde, ne les a pas empêchés de grappiller de l’avance sur les temps de passage du recordman, Francis Joyon (40 jours, 23 heures et 30 minutes en 2017 sur Idec Sport). Mais elle constitue un handicap.
Traverser l’océan dans une obscurité profonde n’est pas une partie de plaisir. Surtout les premiers jours des longs voyages, quand les marins en sont encore à adapter leur vue à la nuit, à se réapproprier coins et recoins de leur voilier. « Au début, on est obligé de se déplacer au toucher, avec un équilibre un peu précaire et les pieds qui butent sur les aspérités du pont », décrit Thomas Coville. Son coskippeur, Benjamin Schwartz, prolonge : « Dans le noir, on est d’abord désorienté, donc on ne ressent pas forcément si le bateau est en train de se tourner vers le lit du vent ou de se rapprocher du vent de travers. »
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Sans boussole interne, le risque d’imprécision, voire d’erreur, augmente. D’autant que l’environnement est plus hostile. « On se dit souvent que les emmerdes arrivent la nuit, souligne Benjamin Schwartz. L’expérience montre que c’est le moment le plus fréquent des accidents. En particulier quand on est proche des côtes, à cause du trafic. »