Jamais un équipage composé entièrement de femmes n’a bouclé une course autour du monde sans escale ni assistance. La skippeuse française Alexia Barrier et ses sept équipières venues du monde entier vont tenter de réparer cet anachronisme, en se lançant à l’assaut du Trophée Jules-Verne. Leur maxi-trimaran sera placé en position de départ à Brest à partir de demain. Il glissera vers le large dès qu’une fenêtre météo sera jugée opportune.
Le bateau connaît la route. L’éprouvé Idec Sport est la monture sur laquelle Francis Joyon et son équipage ont remporté le Trophée en 2017, en 40 jours, 23 heures et 30 minutes. Cette année-là, la tentative avait bénéficié de conditions météorologiques exceptionnellement favorables. Le record tient toujours. Yann Guichard, Thomas Coville, Franck Cammas, Charles Caudrelier et François Gabart ont essayé de le ravir, parfois à deux ou trois reprises. Leurs multicoques équipés de foils, plus rapides mais plus fragiles, ont toujours été stoppés par des avaries.
Alexia Barrier ne prétend pas naviguer dans les mêmes eaux. A 45 ans, son CV est moins riche d’arrivées triomphales que celui des stars des océans. Il s’est beaucoup écrit sur des monocoques : elle a terminé 15e de la Route du Rhum en 2018, 25e de la Transat Jacques-Vabre en 2019, 24e du Vendée Globe en 2021.
« Passer d’un Imoca à un multi, c’est comme passer de la moto GP à la F1, image-t-elle. Ce n’est pas du tout la même manière de piloter. On a dû apprendre à naviguer sur le fil sans pour autant se mettre en danger. » Au bout de deux ans de préparation, elle juge que boucler sa circumnavigation en moins de 50 jours « serait déjà génial ». Sa quête est ailleurs.