Enfin un soir de fête à Michel-d’Ornano. L’enceinte du Stade Malherbe Caen s’annonce bondée et joyeuse, mardi, pour accueillir l’Olympique de Marseille en 16e de finale de la Coupe de France. Et tant pis si le 11 local ne porte pas le maillot attendu : c’est Bayeux, escouade amateur de Régional 1, qui se frottera aux hommes de Roberto De Zerbi. Un privilège arraché contre… Caen au 7e tour de la compétition (3-2), à la surprise générale. Quoique. « Depuis plusieurs années, on se dit que tout va bien à Caen, sauf le foot », taquine le maire de la ville, Aristide Olivier.
Ce matin-là, en quittant son domicile, l’élu jette comme toujours un œil vers le stade d’Ornano, distant d’une cinquantaine de mètres. Longtemps abonné, l’ancien adjoint aux sports est un symbole de la communion puissante entre la ville, la Région et son club historique. Cette saison, le SM Caen annonce plus de 8 000 abonnés, un record pour un club de National, et 12.500 spectateurs de moyenne. Le Malherbe Normandy Kop recense 1 100 membres venus de toute la Région. C’est plus que lors de sa dernière saison en Ligue 1, en 2019. Et c’est autant d’amoureux frustrés.
La présence de leur cher Malherbe au troisième échelon français est une incongruité, en tout cas une première depuis 41ans. De l’avis général, le spectacle offert et le niveau de jeu sont pauvres, sanctionnés par une 10e place (sur 17). D’autant plus dur à avaler que Caen possède le plus gros budget de la division (12 millions d’euros) et un propriétaire dont le nom claque comme une reprise sans contrôle en finale de Coupe du monde.