Ce fut l’exploit de leur carrière mais aucun supporter n’a pu y assister. Lorsque les joueurs de Canet Roussillon FC, alors en National 2, le quatrième échelon, ont sorti l’Olympique de Marseille (2-1) en 16es de finale de l’édition 2020-2021 de la Coupe de France, les spectateurs étaient éloignés des enceintes sportives en raison de la crise sanitaire. Ce soir-là, plutôt que les tribunes vides du stade de Perpignan, Damien Graves a beaucoup regardé le chronomètre. « À chaque fois, je me disais : “On est en train de faire un truc dingue” », se souvient le gardien de but, dernier titulaire de l’époque encore présent avant-hier, contre Montpellier.
Comme ses partenaires happés par le monde professionnel, l’un à Monaco, l’autre en Bulgarie, Damien Graves aurait pu capitaliser : il s’est retrouvé dans les petits papiers de l’OM pour endosser le rôle de troisième gardien et jouer les matchs de l’équipe réserve. Hélas, pour une affaire de centimètres, un autre portier lui a été préféré. Il a donc vécu la relégation administrative de son club en Régionale 1 à l’été 2024 à cause d’un déficit de 300.000 euros. Ce qui fait lui faire dire : « J’ai l’impression qu’après coup, la situation de ceux qui ont sorti l’OM se dégrade. »
À Quevilly, personne ne dira le contraire. Lorsque les Normands ont créé la sensation en quarts de finale de l’édition 2011-2012 (3-2 après prolongation) face aux joueurs de Didier Deschamps, peut-être tournés trop tôt vers leur quart de finale de Ligue des champions contre le Bayern Munich, l’engouement a permis de sauver la place en National à la fin de la saison. Un répit de courte durée avant de retomber au quatrième niveau.