Cyclisme : Paul Seixas bientôt sensas ?

Paul Seixas vise les sommets.
Thomas COEX/AFP
Les places d’honneur ne l’auront pas rassasié au-delà de sa première saison professionnelle. Conclue en beauté avec le bronze de la course en ligne aux championnats d’Europe, derrière Tadej Pogacar et Remco Evenepoel, puis une septième place au Tour de Lombardie, son premier Monument, six jours plus tard, l’année 2025 a ouvert l’appétit de Paul Seixas. « Je veux gagner », a-t-il lancé lors de la présentation de l’équipe Decathlon CMA CGM. Il n’est pas difficile : étape ou général, voire course d’un jour, tout lui ira.
Contrarié par les conditions météorologiques du récent stage en Sierra Nevada (Espagne) et des séances de home-trainer trop nombreuses à son goût, il a convenu que le sacrifice avait un sens, quand bien même deux mois sans voir ses parents ni sa copine l’ont rendu parfois morose. Si le plan se déroule sans accroc, il pourrait avoir levé les bras d’ici à la fin du mois.
À partir de mercredi, il sera au départ du Tour de l’Algarve, une épreuve relevée, remportée en 2019 par Tadej Pogacar, alors âgé de 20 ans. Paul Seixas en a 19 et ses jambes le démangent tout autant. Le premier test sera pour jeudi, entre Portimao et Alto da Fóia, avec un dénivelé éprouvant et des montées enchaînées dans les trente derniers kilomètres. On salive d’un possible duel avec l’impatient Juan Ayuso (Lidl-Trek).
Préservé l’an dernier par ses entraîneurs, qui l’alignaient en course à la condition impérieuse qu’il soit à 100 %, le Lyonnais va enchaîner davantage et de manière plus rapprochée. C’est ainsi que Sébastien Joly, directeur de la compétition de l’équipe, entend le faire « progresser face aux meilleurs mondiaux ». Pas question de brûler les étapes.
Après le Portugal, il s’alignera à la Faun Ardèche Classic, le 28 février. Un point d’étape sera fait après les Strade Bianche, le 7 mars. Un morceau de choix pour le grand espoir, avant une première pause. Il reviendra à la compétition début avril, au Tour du Pays basque, avant de se frotter à la Flèche wallonne et à Liège-Bastogne-Liège. Au-delà de la Doyenne, son programme est vierge. Toutes les options sont envisagées, même une participation au Tour de France. Ce n’est pas la tendance, mais le comportement du premier semestre dictera la suite. Une stratégie prudente.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

À lire également
À moyen terme, le champion du monde junior du contre-la-montre (2024) s’intéresse moins à son palmarès qu’à sa progression. Cela ne veut pas dire qu’il n’y pense pas. Plutôt zen en apparence, Paul Seixas est conscient des attentes plus ou moins raisonnables qu’il suscite. Très renforcée et capable de gagner sur tous les terrains, la formation Decathlon CMA CGM a veillé à ne pas tout miser sur lui. Ni sur Léo Bisiaux (21 ans), un autre potentiel élevé, déjà double médaillé européen chez les juniors. C’est la recrue danoise Tobias Lund Andresen qui a ouvert le compteur en s’adjugeant une étape du Tour Down Under puis la Great Ocean Road Race en janvier. Toujours ça de pression en moins pour le coureur vitrine d’une équipe qui vise le top 5 mondial.