Benoît Cosnefroy n'a pas séché les cours de géographie au collège. S'il se dit ardennais, alors qu'il est né à Cherbourg (Manche), c'est parce qu'il attend avec impatience, chaque année, la quinzaine en Wallonie, qui se termine en beauté cet après-midi par Liège-Bastogne-Liège. Le puncheur de l'équipe Decathlon-AG2R La Mondiale a remporté la Flèche brabançonne le 10 avril, puis s'est classé 4e de la Flèche wallonne, mercredi - il avait terminé à la 2e place en 2020. « Ces courses se déroulent dans une ambiance particulière, salive-t-il, devant un public nombreux et connaisseur. » Essentiellement italien, luxembourgeois et français, si l'on se fie aux drapeaux qui flottent au bord des routes mal entretenues. Un signe de l'attrait moindre de la population wallonne pour le cyclisme. La retraite du champion francophone Philippe Gilbert, vainqueur de quatre Monuments sur cinq, n'a pas encore été compensée par les promesses d'Arnaud De Lie, 22 ans.
La séquence, à laquelle appartient aussi l'Amstel Gold Race, pâtit de la comparaison avec les épreuves pavées, le Tour de Flandres et Paris-Roubaix en tête, « que tous les Belges attendent », reconnaît Benoît Cosnefroy, qui a découvert le « Ronde » en 2023 (16e). Les Français sont pourtant de bons promoteurs des Ardennaises : mercredi, Kévin Vauquelin (Arkéa-B&B Hotels) a manqué d'un rien d'inscrire son nom au palmarès de la Flèche wallonne, où figure trois fois celui de Julian Alaphilippe (2018, 2019, 2021) ; sans compter les podiums de Romain Bardet, David Gaudu et « Alaf » à Liège depuis 2018. Sur les pavés, un seul tricolore, Christophe Laporte (Visma-Lease a bike), peut espérer de tels résultats.