L'une sur la pelouse, l'autre sur le banc, les deux au raffut en quart de finale de la Coupe du monde contre l'Irlande, samedi 13 septembre à Exeter (14 heures, TF1). Remise d'une blessure au pied, Teani Feleu, titularisée en ouverture de la compétition au centre de la troisième ligne, devrait honorer en cours de match sa 14e sélection et pousser en mêlée derrière son aînée Manae, deuxième ligne et capitaine. Deux sœurs puissantes, rompues aux joutes communes depuis qu'elles ont débarqué à Grenoble en 2020. « Quand ça va moins bien, il me suffit de la regarder pour me rassurer, apprécie Teani. Manae est mon repère. »
On ne peut pourtant pas parler d'une habitude d'enfance, écart d'âge oblige - 22 et 25 ans. À Futuna, confetti polynésien de 3 000 habitants dont elles sont originaires, elles n'ont évolué sous les mêmes couleurs que le temps d'un tournoi de rugby à 7. Soit une expérience aussi riche que celle que Manae a eue aux côtés de Yoram Moefana, trois-quarts centre des Bleus et de l'Union Bordeaux Bègles, avec qui elle a une fois formé la charnière de Sigave contre Alo, dans un duel entre les royaumes coutumiers de Futuna.
Elles n'ont pas non plus découvert le XV ensemble. Mais elles l'ont fait de la même manière : en quittant leur foyer à l'adolescence pour la prestigieuse école de Havelock North Rugby, en Nouvelle-Zélande. Comme leur frère aîné, Niue, elles ont passé trois ans en internat. « Apprendre à se débrouiller seule dans un pays dont on ne parle pas la langue fait beaucoup grandir, estime la cadette. J'ai adoré le rapport au rugby de ce pays. » Un lien dont elle s'inspire quand elle déclare : « Je joue beaucoup pour représenter mon île. »