Sélection iranienne basée au Mexique, arbitre somalien refoulé à son arrivée... « Bienvenue » au Mondial des États-Unis
L’Iran fait un aller-retour à Los Angeles pour jouer contre la Nouvelle-Zélande, le 15 juin. La sélection a dû trouver une terre d’accueil de l’autre côté de la frontière américaine.
Les joueurs iraniens participent à une séance d'entraînement dans le cadre de la Coupe du monde de football 2026 au Centro Xoloitzcuintle à Tijuana, au Mexique, le 11 juin 2026.
Depuis le 12 juin, les caméras sont braquées sur Los Angeles. C’est là que les États-Unis ont parfaitement réussi leur entrée en matière dans leur Coupe du monde, en étrillant le Paraguay (4-1). C’est aussi dans l’enceinte ultramoderne d’Inglewood que l’Iran affrontera la Nouvelle-Zélande, le 16 juin (à 3 heures du matin en France). Même stade, deux ambiances. La Fifa « reste vigilante sur ce déplacement », selon un membre de l’instance, qui sait que le moindre incident lors de l’arrivée de la délégation pourrait avoir de lourdes conséquences.
À quelques heures de cet accueil sensible, son patron Gianni Infantino espérait s’afficher aux côtés de Donald Trump pour la cérémonie d’ouverture, mais l’imprévisibilité du président américain a plombé la mise en scène. Marco Rubio, son secrétaire d’État, l’a remplacé. « Je ne sais pas si je dois m’énerver ou pleurer en voyant l’image que l’on renvoie », se lamente Ethan, habitant de Los Angeles, encore marqué par la décision des autorités américaines de refouler l’arbitre somalien, Omar Artan, à son arrivée à Miami lundi.
Pour trouver une autre source de tension, il ne faut pas aller bien loin : à Tijuana, à deux heures de route, de l’autre côté de la frontière mexicaine. C’est là que la sélection iranienne a finalement établi son camp de base, dans un hôtel – sans luxe – réservé dans l’urgence au cœur de cette ville bouillonnante. Initialement, la « Team Melli » devait séjourner à Tucson, en Arizona. Les restrictions de visa ont bouleversé les plans. La Fifa n’a pu que valider.
Dans la ville mexicaine, la présence iranienne ne passe pas inaperçue. Chaque déplacement entre l’hôtel et le centre d’entraînement, situé à trois minutes à peine, s’effectue sous haute surveillance. Une dizaine de 4×4 de la Guardia Nacional encadrent le convoi, appuyés par 300 militaires, cagoulés et armés jusqu’aux dents, mobilisés en permanence.
Malgré ce contexte pesant et une préparation perturbée, la sélection veut vivre sa Coupe du monde. Une séance d’entraînement a été ouverte à la presse cette semaine, sans prise de parole. À l’extérieur, le soutien mexicain est palpable. Devant l’hôtel, les fans réclament des autographes et s’exclament dès qu’un joueur les salue par la fenêtre. « J’espère qu’ils iront loin pour énerver les Américains », s’amuse Juan, accoudé au grillage. Le club local a déployé une banderole de bienvenue.
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Slogans hostiles
L’atmosphère sera tout autre en Californie. Vendredi, lors du match inaugural des Américains, plusieurs slogans hostiles ont été entendus autour du stade. Les autorités locales anticipent un dispositif de sécurité exceptionnel. Des renforts seront déployés pour les deux matchs de l’Iran (avec celui contre la Belgique dimanche 21 juin), selon le shérif du comté, inquiet de possibles manifestations anti-iraniennes, dans une ville où la diaspora iranienne est importante. Les itinéraires de la Team Melli sont tenus secrets jusqu’au dernier moment.
La délégation rejoindra Los Angeles en avion, après un trajet d’une trentaine de minutes, moins de vingt-quatre heures avant son premier match. Le contrôle à la descente s’annonce rude, scruté par les autorités. Quinze membres du staff, dont le président de la fédération, n’ont pas le droit de voyager avec l’équipe, leur visa ayant été refusé – certains sont accusés d’être trop proches des Gardiens de la révolution. Le service communication est décimé, si bien que l’intendant pourrait servir d’attaché de presse sur le sol américain.
Dans l’environnement de la sélection, on estime que Gianni Infantino n’a pas « respecté » ses engagements. « Fier » d’avoir pu faire en sorte que l’Iran dispute la Coupe du monde malgré le contexte, le président de la Fifa a, lui, essayé de garder la main sur un récit dans lequel le football « unit » le monde. Une séquence qui méritera peut-être un prix de la paix de la Fifa…