L’air de rien, Lorenzo Musetti ne fait pas grand-chose comme les autres sur le circuit. À 23 ans, il a déjà accueilli son deuxième enfant. Et il n’en avait que 9 quand il a commencé à travailler avec son coach de toujours, Simone Tartarini. Stabilité, fidélité. Et il y a surtout cette singularité qui transpire du court : l’Italien se contente d’une main pour lâcher son revers et imprimer un jeu tout en variations quand la frappe laser est un langage commun. Avec sa gueule d’ange et sa posture d’artiste vintage, « Muse » a rallié les demi-finales à Wimbledon en 2024 et confirmé l’an passé avec celles de Roland-Garros, un quart à l’US Open, tout en voyageant loin en Masters 1000 (finale à Monte-Carlo, demies à Madrid et Rome). De quoi générer un passe pour les ATP Finals, où Carlos Alcaraz l’a privé du dernier carré.
Les choses sérieuses reprennent à partir de demain à Melbourne et Musetti s’y présentera avec son meilleur dossard en carrière (5e à l’ATP). Il le doit à une finale toute fraîche à Hong Kong, qui dessinerait un soleil radieux si ce n’était son septième échec de suite à une marche d’un trophée. Il serait étonnant qu’il soit encore du dimanche de clôture à l’Open d’Australie, le Grand Chelem qui lui a le moins souri jusqu’ici, mais le statut, à quelques encablures de l’intouchable duo Alcaraz-Sinner, s’affirme avec style.