Soccer Football - DFB Cup - Semi Final - Bayer Leverkusen v Bayern Munich - BayArena, Leverkusen, Germany - April 22, 2026 Bayern Munich coach Vincent Kompany gives instructions to Bayern Munich's Michael Olise and Bayern Munich's Josip Stanisic/...
Faut-il s’étonner que la Bundesliga ait été la première ligue européenne majeure à rendre son verdict, le week-end dernier ? Sacré pour la 35e fois, le Bayern Munich frôle la perfection dans les compétitions nationales : une seule défaite en 30 matchs de championnat ; s’ajoutent une campagne de Coupe d’Allemagne sans accroc, qu’il reste à conclure en finale, en mai face à Stuttgart, et la Supercoupe remportée en août. Consultants et concurrents n’en finissent plus de se demander si une équipe allemande a dominé à ce point dans le passé. Les comparaisons sont parfois hasardeuses, mais poser la question donne une partie de la réponse.
Quatre trophées pourraient donc décorer la photo souvenir en fin de saison. Cela voudrait dire que le Bayern a remporté une septième Ligue des champions. L’outil d’analyse Opta accorde environ 35 % de probabilité, juste derrière Arsenal. Mais les Gunners tournent au ralenti depuis un mois tandis que les Bavarois ont encore accéléré au fil d’une saison démarrée pied au plancher (7 victoires sur 8 en phase de ligue ; 4 sur 4 dans les matchs à élimination directe).
« Tout le monde voit qu’ils sont un niveau au-dessus », a déclaré Franck Ribéry à La Gazzetta dello Sport. L’idole de l’Allianz Arena entre 2007 et 2019 n’y va pas par quatre chemins : « Ils sont au top sur tous les plans: technique, tactique, physique. » Le Français, pressenti dans l’encadrement d’une équipe d’espoirs munichois la saison prochaine, retient aussi « la culture » et « le haut niveau de professionnalisme » à l’intérieur du club.
Oiseaux rares
Les moins de 40 ans ne savent peut-être pas que le label « FC Hollywood » désignait dans les années 1990 une institution instable et sulfureuse. À présent, plus une tête ne dépasse. Surtout pas celle de Herbert Hainer, président d’une grande discrétion, ce qui est le signe d’un fonctionnement harmonieux. Parmi les huit membres du conseil de surveillance figurent deux dirigeants bien connus, sortis de leur retraite au printemps 2023 pour freiner un début de glissade.
Revenus aux affaires, Uli Hoeness et Karl-Heinz Rummenigge ont mis près d’un an pour trouver le nouveau responsable du secteur sportif. L’élu, Max Eberl, a bénéficié d’une évolution cruciale : la possibilité de verser des indemnités de transfert très élevées. Longtemps, le Bayern a refusé la surenchère. Une ligne de conduite qui avait justifié l’abandon de la piste Neymar en 2013. Une limite louable mais désormais intenable et franchie une première fois en 2023, pour le buteur anglais Harry Kane. Un investissement à 95 millions d’euros mais rentable.
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Cet assouplissement a convaincu Liverpool de céder Luis Diaz l’été dernier. Montant : 70 millions. Au moins, l’ailier colombien, auteur du doublé de la victoire au Parc des Princes en novembre (2-1), fait-il des étincelles. Pour autant, Eberl et le directeur sportif, Christoph Freund, n’abusent pas de la planche à billets : le mercato de l’été dernier a été bénéficiaire (+13 millions).
Ces dépenses sont rendues possibles par la formation, qui crée de fortes valeurs ajoutées : Jamal Musiala, Aleksandar Pavlovic et Lennart Karl, 18 ans et dernière sensation en date, représentent un magot de 255 millions selon Transfermarkt. En parallèle, la postformation continue de dénicher des oiseaux rares, tels qu’Alphonso Davies ou Tom Bischof.
Ces deux filières en compensent une autre, tarie : les meilleurs éléments des autres clubs allemands sont toujours ciblés mais partent plus volontiers en Premier League, à l’image de Florian Wirtz à Liverpool. L’été dernier, les dirigeants bavarois ont seulement séduit un de ses ex-partenaires à Leverkusen, le défenseur international Jonathan Tah.
Un bel effectif qu’il fallait encore mettre en musique. Après le passage décevant de Thomas Tuchel (2023-2024), la quête du bon candidat a été interminable. Trois entraîneurs, au bas mot, ont décliné. Il a fallu un coup de fil à l’ancien de la maison Pep Guardiola pour envisager un coach trentenaire, tout juste relégué de Premier League avec Burnley. Improbable.
Vincent Kompany n’avait pas la tête de l’emploi et pourtant, deux ans plus tard, son équipe est la plus joueuse du monde, d’après les indicateurs de l’Observatoire du football – devant le PSG. Son meneur de jeu, déniché dans un autre club anglais de seconde zone (Crystal Palace), le Français Michael Olise, est décisif une fois par match en moyenne. Il est cité comme un Ballon d’or en puissance.
Les bonnes idées de Kompany
Vincent Kompany est arrivé sur la pointe des pieds mais avec des idées. Il a fait du milieu remplaçant Konrad Laimer un arrière gauche convaincant. Ses joueurs ne ronronnent plus : avant-derniers de Bundesliga au nombre de kilomètres parcourus avec Tuchel, ils ont grimpé au deuxième rang. Leur jeu enchante l’Europe, et Manchester City voit dans le chef d’orchestre le futur successeur de Guardiola. Par précaution, le contrat du Belge a été prolongé jusqu’en 2029.
En faisant rendre gorge au Real Madrid en quarts de finale de Ligue des champions, le Bayern est passé en tête du classement UEFA sur les dix dernières années. L’indice d’une « performance sportive durable » qui enchante le directeur général, Jan Christian Dreesen. Et la promesse, pour les champions en titre parisiens, d’un très grand défi.
Onze mois après leur sacre contre l’Inter Milan à l’Allianz Arena, la route du titre va repasser par Munich. Depuis la finale de C1 qui avait opposé les deux clubs en 2020, le Bayern est sorti vainqueur de cinq confrontations sur sept.