Depuis Lisbonne où s’écrit son quotidien, le phrasé effervescent dit l’impatience de Leïla Slimani. La Coupe d’Afrique des nations débute ce soir à Rabat, sa ville natale, où vit sa mère. Et si elle y débarquera un peu plus tôt dans la journée, le hasard n’y est pour rien. Ce Maroc-Comores s’inscrit dans la droite ligne d’une histoire très personnelle dont transparaissent quelques fragments dans son dernier opus (J’emporterai le feu, Gallimard). Les Lions de l’Atlas se présentent en favoris à la succession de la Côte d’Ivoire, et la romancière traduite dans plus de quarante langues n’en doute pas, « ils seront en finale » le 18 janvier. D’ici là, elle a prévu d’assister à quelques matchs en famille.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Cette CAN vous ramène-t-elle immanquablement à votre père, président de la fédération lors de l’unique victoire du Maroc, en 1976 ?
LEÏLA SLIMANI – Oui, il y a quelque chose de sentimental derrière tout ça. Mon père a eu une très belle carrière [Othman Slimani a été banquier et secrétaire d’État chargé des Affaires économiques], mais c’est sans doute ce moment qui le rendait le plus fier. Du personnage inspiré de mon père dans mon roman, je dis que sa passion pour le foot n’est pas liée au nationalisme. Et la mienne non plus. C’est une histoire familiale et intime avec l’équipe du Maroc. Depuis la mort de notre père, avec mes sœurs, nous avons toujours regardé ensemble les Coupes d’Afrique. Avec cet espoir d’une nouvelle victoire.