Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres représentant le capitaine Alfred Dreyfus, le 12 juillet 2026.
Emmanuel Macron a appelé à une « vigilance de tous les instants » face au « retour » de l'antisémitisme, lors de la première journée nationale de commémoration en l'honneur d'Alfred Dreyfus. Un devoir de mémoire renforcé par de nouvelles initiatives symboliques.
À l'occasion de la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus, Emmanuel Macron a appelé ce dimanche 12 juillet à une « vigilance » de « tous les instants » face au « retour » de l'antisémitisme en France.
Le chef de l'État a cité en exemple les « dreyfusards » qui œuvrèrent pour l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus et des « Justes », dont les noms seront désormais inscrits sur les lieux où ils sauvèrent des Juifs de la « barbarie nazie ». « Nous savons que les vieux démons de l'antisémitisme n'ont jamais totalement disparu de notre pays », a lancé le Président.
Avec cette journée annuelle, instaurée un an avant son départ de l'Élysée, Emmanuel Macron poursuit un long travail mémoriel ponctué aussi par six entrées au Panthéon, dont celle de l'historien et résistant Marc Bloch, le 23 juin.
« Face à ce retour de l'odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants », a-t-il clamé lors d'une cérémonie devant la Cour de cassation en présence de 150 invités, dont les descendants d'Alfred Dreyfus. Les actes antisémites, 1 320 en 2025, n'ont jamais été aussi nombreux en France que pendant les trois dernières années, selon le ministère de l'Intérieur.
Face à l'emballement des réseaux sociaux, le « dreyfusisme est [...] une méthode, ne jamais céder à la facilité du soupçon collectif [...] toujours préférer la preuve à la rumeur, [...] parfois contre l'air du temps », a-t-il asséné.
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Tout un symbole
« Héritiers de l'esprit dreyfusard », les Justes de France, en l'honneur de qui Jacques Chirac avait fait apposer une plaque au Panthéon en 2007, seront aussi désormais plus visibles à travers le pays. « Il est temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie », a dit le chef de l'État, en appelant « toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise ».
La France compte plus de 4 300 « Justes parmi les Nations », reconnus pour avoir sauvé des Juifs pendant la Shoah, selon l'institut Yad Vashem de Jérusalem. Une statue représentant le capitaine, dégradé dans la cour de l'École militaire le 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, est aussi désormais érigée devant la Cour de cassation. « Cette venue de la statue au lieu même ou fut rendue la justice est tout un symbole », s'est félicité Charles Dreyfus, petit-fils du capitaine.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé qu'une place de la capitale portant jusqu'ici le nom de l'écrivain nationaliste Maurice Barrès, un des plus féroces détracteurs d'Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite, porterait désormais le nom de Lucie Dreyfus, l'épouse du capitaine qui le soutint sans relâche dans son combat pour la justice. « Paris veut signifier à toutes celles et tous ceux qui portent des discours de haine qu'ils nous retrouveront toujours face à eux », a-t-il promis.