À 48, la Coupe du monde est-elle si universelle que ça ?
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Les plus grands foyers de population suivent cette Coupe du monde derrière les écrans.
LTD/Toby Chopra - REUTERS
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Les plus grands foyers de population suivent cette Coupe du monde derrière les écrans.
LTD/Toby Chopra - REUTERS
À la veille de la Coupe du monde, Gianni Infantino n’a pas mégoté sur les superlatifs. Le président de la Fifa a promis « un message d’unité » au monde entier, vanté « le tournoi le plus inclusif et le plus grandiose de tous les temps ». L’aboutissement d’une communication lancée depuis l’annonce du passage à 48 pays, dans laquelle le terme anglais « global » revient sans cesse.
Les chiffres racontent une autre histoire. L’ensemble des nations participantes cumule environ 2,25 milliards d’habitants, soit 27,1 % de l’humanité : une part certes en hausse – elle était de 21,7 % en 2018 et de 20,3 % en 2022 –, mais la marge de progression reste immense. Et pour cause : les deux pays les plus peuplés du globe manquent à l’appel.
La Chine, 1,42 milliard d’habitants, n’a participé qu’à un seul tournoi (2002). Pékin s’était pourtant préparé à son retour : dès 2015, Xi Jinping, amateur revendiqué de ballon rond, avait fixé des objectifs ambitieux et lancé un plan pour bâtir des académies locales. Depuis, les scandales de corruption ont pris le dessus.
Le pays se console avec la présence sur le continent américain de l’arbitre Ma Ning, les écrans Hisense qui alimentent la VAR et les bus Yutong qui transportent les supporters à Mexico. Mais sur le fond, les spécialistes pointent une culture sportive façonnée par le haut, inadaptée au football qui se construit dans les clubs de quartier dès l’enfance.
L’Inde, 1,44 milliard d’habitants, n’a jamais disputé le moindre match de Coupe du monde, bien que la sélection s’y soit qualifiée en 1950 – elle avait déclaré forfait. Le cricket y écrase tout : l’Indian Premier League pèse plusieurs milliards de dollars quand l’Indian Super League doit se contenter d’une audience passée de 74,7 à 211 millions de téléspectateurs en sept ans, un score honorable mais dérisoire à l’échelle du pays.
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