Le Premier ministre va trouver des alliés pour faire adopter les textes financiers à l'Assemblée nationale. Mais les embûches s'annoncent nombreuses.La dégradation de la conjoncture rend « plus fragile », selon la Cour des comptes, la Pour construire le budget 2027, le gouvernement doit faire face à de multiples contraintes. Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, fin février, a été la très mauvaise surprise de ce premier semestre. Hausse des prix du pétrole, ralentissement de l’activité économique… La croissance devrait finalement osciller entre 0,5 % et 0,7 % en 2026, selon les principales institutions. La décision de l’exécutif de corriger ou non sa prévision – déjà révisée à 0,9 % le 14 avril – mardi, lors du comité d’alerte des finances publiques, sera très scrutée.
La dégradation de la conjoncture rend « plus fragile », selon la Cour des comptes, la hausse des prélèvements obligatoires anticipée à 44 milliards d’euros cette année. Le rendement de l’impôt sur les sociétés pourrait être affecté. Le choc économique a aussi obligé le gouvernement à débloquer 1,4 milliard d’euros (pas trouvé) d’aides exceptionnelles pour les ménages et les secteurs (pêche, agriculture, transport) touchés par la hausse des carburants. Des aides que l’exécutif a promis de compenser à l’euro près dans le budget 2026.
Surtout, la remontée rapide de l’inflation – qui a reflué à 1,8 % en juin, après 2,4 % en mai, selon l’Insee – pèse sur les achats et les investissements des administrations publiques et la charge de la dette (+ 3,6 milliards d’euros). Bercy, qui était parvenu à faire mieux que prévu en abaissant le déficit public à 5,1 % (152,5 milliards d’euros) en 2025, n’a plus l’assurance de tenir sa cible à 5 % cette année. Et ce, alors que la France s’est engagée auprès de la Commission européenne à revenir sous 3 % de déficit d’ici à 2029.