Comme dans beaucoup de grands clubs, le technicien espagnol s’appuie sur un staff très large et étoffé, comptant 42 membres. S’y plonger est aussi une manière de revisiter l’histoire du PSG.
Il y a bien sûr un visage connu. Depuis trois saisons, Rafel Pol est celui qui murmure à l’oreille de Luis Enrique pendant les matchs. Un adjoint numéro un discret et influent qui, par sa position, ne passe pas inaperçu. Mais sur le site officiel du PSG, sa biographie n’est pas plus fournie que celle de ses 41 collègues qui composent le staff au sens large (hors service communication). Au même niveau qu’une data analyste en alternance, par exemple.
À vrai dire, seule la fiche de l’entraîneur asturien est développée – et encore, en douze lignes. Ce qui envoie le message suivant : tout le monde se vaut, chacun a son histoire. Et, prises une à une, celles-ci peignent le roman du club, depuis l’arrivée de Luis Enrique, juste avant lui, bien avant lui et même avant l’ère Qatar Sports Investments (QSI).
Gérard Guillochon et Jean-Claude Dinet ont pris leur retraite il y a deux ans. Pour l’occasion, ils avaient même donné le coup d’envoi du dernier match de Kylian Mbappé au Parc des Princes. Deux vies dans l’ombre en pleine lumière. Deux intendants ayant connu les premiers succès avec Francis Borelli (1978-1991), les hauts et bas de Canal+ (1991-2006), les années de plomb sous Colony Capital (2006-2011) et l’arrivée de QSI (2011). Le duo fait toujours partie du staff, en tant que « bénévoles ».
« Ce sont des personnes en or qui ont beaucoup compté pour moi, confie le défenseur Presnel Kimpembe, titi pur jus, qui a passé 20 ans au club. Ils sont toujours au taquet, nous préparent tout aux petits oignons. » À la descente de l’avion en provenance de Munich l’an passé, Jean-Claude Dinet avait été mis à l’honneur par Marquinhos et Nasser Al-Khelaïfi, portant la coupe aux grandes oreilles devant les caméras.
La confrérie des « tontons », ces petites mains qui préparent les équipements afin que les joueurs n’aient plus qu’à penser à leur entraînement ou à leur match, révèle un pan historique du PSG. Parmi les visages qui ont traversé les époques, Nacerdine Sekai, dit « Didine », œuvre auprès du groupe professionnel depuis le deuxième passage de Luis Fernandez au club (2000-2003).
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« On me l’avait conseillé et je ne l’ai pas regretté, se remémore l’entraîneur vainqueur de la Coupe des coupes en 1996. S’il est resté aussi longtemps, c’est qu’il est apprécié et fait du bon travail. Intendant, c’est un rôle hyper important. Ils doivent mettre en place du matériel pour un groupe et un staff pléthoriques, il ne faut pas se tromper. C’est parfois ingrat parce que certains joueurs ne sont pas toujours sympas. »
D’anciens visages du staff des Bleus
Parmi ces intendants, il y a aussi Younousse Elbouhssaini, qui a joué dans les divisions amateurs avec le PSG dans les années 1990, puis a intégré le centre de formation d’apprentis en tant qu’aspirant, où il a passé un diplôme d’éducateur sportif. Du staff de la préformation dans les années 2000 à celui de Luis Enrique aujourd’hui en passant par celui de Youth League, il a tout connu.
Même s’il a parfois quitté le club pour accompagner ses amis dans leur carrière professionnelle, tels Selim Benachour et surtout Nicolas Anelka, dont il est proche. « J’ai toujours été supporter du PSG, même amoureux de ce club », confiait-il au site Les Titis du PSG en février 2007. Il rêvait alors que son club de cœur « gagne la C1 » un jour et cela semblait très loin. Paris était plus proche de la Ligue 2 la saison suivante…
C’est à ce moment-là, en 2008, que Dorian Godard a aussi intégré le PSG. Venu du marketing, il s’est d’abord occupé d’événementiel et du développement des activités commerciales. Puis en 2012, au moment où Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva ont débarqué de Milan, il est devenu team manager, soit la personne chargée de l’organisation des rencontres, des déplacements ou des tournées, poste qu’il occupe toujours.
Cyril Praud, le responsable de la kinésithérapie, est aussi un rescapé du début des années QSI. Il a pris la tête du service en 2021, alors que le PSG, souvent handicapé par les blessures au mauvais moment lors de ses aventures européennes, avait fait de la prévention sa priorité. En parallèle, le kiné a accompagné l’équipe de France à la Coupe du monde 2014 et à l’Euro 2016.
Une autre tête bien connue à Clairefontaine fait partie de ce staff médical de la taille d’une équipe de foot : Thierry Laurent a travaillé à la Fédération française de football (FFF) plus de quinze ans, il a fait même partie de l’aventure de 1998 avec la bande à Aimé Jacquet et de celle de l’Euro 2000 avec Roger Lemerre. Ce spécialiste de la rééducation des joueurs blessés, un des sujets majeurs cette saison, a rejoint la capitale à l’été 2023, un an après avoir été remercié par l’Américain Todd Boehly à Chelsea, où il a officié 17 ans.
Covid et baseball
Lluís Til Pérez, lui, a fait une grande partie de sa carrière au Barça. C’est là que ce chirurgien orthopédiste a connu Luis Enrique. S’il est aussi passé par le Benfica ou Monaco, en pleine époque Covid, le Catalan incarne le réseau espagnol de l’Asturien. De même que le responsable de la nutrition, Sergi Mateo, et le réathlétisateur, Sergio Jiménez Rubio, tous deux arrivés l’été dernier. Ou encore le chef du « sport data department », David Pajón Moreno, qui travaillait dans une franchise texane de baseball avant Paris. Luis Enrique aime casser les codes.
Au sein du staff technique, l’entraîneur des gardiens, Borja Álvarez, lui a tapé dans l’œil alors qu’il n’avait pas connu plus haut que la D2 espagnole. Et puis il y a le psychologue Joaquín Valdés qui l’épaule dans son management. Le seul à l’avoir suivi dans toutes ses expériences sur un banc de touche, depuis l’équipe B du Barça en 2008.
Curieusement, cette garde rapprochée ne raconte pas uniquement l’ère Luis Enrique. Trois membres étaient là avant, parmi lesquels les préparateurs physiques Pedro Gómez Piqueras et Alberto Piernas. Les Espagnols sont des hommes de Luis Campos, qui les avait déjà fait venir à Lille. Ils ont débarqué à Paris dans les bagages de Christophe Galtier en 2022. Les mandats de Thomas Tuchel et Mauricio Pochettino trouvent aussi leur place dans cette mosaïque. Notamment parmi les analystes vidéo.
Le réathlétisateur Cristoforo Filetti, lui, est arrivé en 2020 en provenance de la Salernitana. Deuxième époque Leonardo. « Expert en suivi de la charge d’entraînement par GPS », selon son profil LinkedIn, l’Italien avait déjà croisé Luis Enrique à la Roma au début des années 2010. « Il est incroyablement doué pour allier combativité, force mentale et physique et a une approche de la compétition hors pair », a-t-il raconté dans La Gazzetta dello Sport en septembre dernier.
Les joueurs ? « Ils réfléchissent sans cesse à leur entraînement, leur nutrition, la qualité de leur sommeil et à tous ces détails qui les rendent exceptionnels. » Cristoforo Filetti espérait alors faire partie de l’équipe d’Italie pour la Coupe du monde. Tous les rêves ne se réalisent pas…