ENTRETIEN – La vénérable Boat Race aura l’accent français samedi. Les « présidents » des deux universités sont originaires de l’Hexagone. Une première.Pour le barreur Tobias Bernard, 23 ans, né à Londres de parents français, ce sera la deuxième Boat Race avec Oxford. Pour le rameur Noam Mouelle, 24 ans, originaire du Perreux-sur-Marne, ce sera la quatrième avec Cambridge (trois victoires jusqu’ici). Pour les deux, ça sera la première en tant que président, et aussi leur dernière puisqu’ils arrivent au bout de leurs cursus.
LA TRIBUNE DIMANCHE—Avoir deux capitaines français, qu’est-ce que ça dit de la Boat Race ?
TOBIAS BERNARD—Que cette course dépasse les frontières. Dans mon équipe, il y a des Autrichiens, des Australiens, des Américains… En tout cas, c’est une belle coïncidence.
NOAM MOUELLE — C’est cool même si ça ne change rien. Avec du recul, je me dirai sans doute que c’était spécial. Avec Tobias, on ne se connaît pas en fait. Moi, j’ai commencé en France…
T.B. Et moi, j’ai toujours vécu ici.
Comment avez-vous vécu votre élection ?
T.B. C’est un privilège. Quand j’ai intégré Oxford, je n’aurais jamais imaginé en arriver là. Je pensais que c’était improbable d’être président en étant barreur. J’ai été surpris de la confiance de mes coéquipiers dans mon leadership.
N.M. Ce qui m’a surpris, c’est l’investissement que ça représente. Plus la charge mentale que l’aspect organisationnel. Avant, j’arrivais à dissocier l’aviron du reste de ma vie. Maintenant, je ne l’oublie jamais : j’ai toujours un œil sur mon téléphone parce que quelqu’un peut avoir un problème et que je dois le régler.