Vers un Waterloo des maires écolos ?

Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

La chronique municipales de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI

Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

La chronique municipales de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
L’heure de vérité approche pour les maires écologistes, élus en 2020 lors de la vague verte qui avait surpris tout le monde politique. Cinq ans plus tard, les premiers sondages pour les municipales de 2026 ont des allures de douche froide. À Lyon, symbole de cette conquête, Grégory Doucet, maire sortant EELV, est largement distancé par Jean-Michel Aulas dans une enquête Verian pour Mag2Lyon. L’ancien président de l’OL pourrait même l’emporter dès le premier tour. Il culmine à 47% avec sa liste d’union contre 32% pour le maire sortant. Un séisme local aux implications nationales.
Ce signal d’alarme résonne au-delà du Rhône. Il illustre les difficultés croissantes rencontrées par les maires Verts dans les grandes villes : Strasbourg, Besançon, Tours, Grenoble… Autant de bastions écologistes où les sortants apparaissent en perte de vitesse, défiés par leurs prédécesseurs socialistes, des candidats de droite ou même par des forces issues de la majorité présidentielle.
L’élection municipale de 2026 ne sera pas qu’un simple rendez-vous électoral pour les écologistes. C’est un test grandeur nature de leur capacité à gouverner dans la durée. Car la vague verte de 2020, portée par une prise de conscience écologique croissante et une lassitude vis-à-vis des partis traditionnels, avait propulsé EELV à la tête de seize villes, dont quatre métropoles majeures : Lyon, Bordeaux, Grenoble (qu'il dirigeait depuis 2014) et Strasbourg. Une conquête aussi spectaculaire que fragile. Depuis, les maires écolos ont voulu faire de leur mandat un laboratoire de la transition écologique : zones à faibles émissions, végétalisation, rénovation énergétique, mobilité douce…
Mais ces chantiers, souvent impopulaires à court terme, ont suscité critiques, tensions, voire rejet. Les controverses sur les menus végétariens, les sapins de Noël ou la place de la voiture ont parfois cristallisé les oppositions. Résultat : un bilan en demi-teinte et une exposition médiatique qui tourne parfois au procès en incompétence ou en dogmatisme.
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Depuis la rentrée, les sondages publiés ici et là n’annoncent rien de bon pour les maires écologistes en place dont la plupart se représentent sauf à Annecy. Cela semble compliqué à Strasbourg, à Poitiers, à Besançon et à Tours. Seul Pierre Hurmic, maire écolo de Bordeaux, tire son épingle du jeu et domine jusqu’à présent ses nombreux concurrents de droite et du centre. Bien sûr, la campagne ne fait que commencer. Il n’en reste pas moins que le parti écologiste va jouer gros.
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Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction