Aluminium Dunkerque : la gestion des risques au cœur de la gouvernance

Youssef El Hariri directeur général d'Aluminium Dunkerque
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Youssef El Hariri directeur général d'Aluminium Dunkerque
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Grand producteur européen d’aluminium basé dans les Hauts-de-France, Aluminium Dunkerque se trouve au cœur des grands bouleversements actuels : volatilité des prix des matières premières, modifications des chaînes d’approvisionnement à l’international, décarbonation, souveraineté… Un positionnement qui a conduit le groupe à positionner la gestion des risques comme chantier prioritaire. Une stratégie remarquée dans le cadre du processus Best Managed Companies de Deloitte, souline Youssef El Hariri, son directeur général : « Le label est un marqueur. Il permet de reconnaître les efforts accomplis, en interne comme en externe, et de nous inscrire dans une dynamique de structuration et de continuité stratégique. »
Dès 2022, année de basculement géopolitique en Europe, Aluminium Dunkerque décide de renforcer sa gouvernance pour y traiter les risques différemment. La création d’un comité des risques est entérinée, il se réunit sur un rythme hebdomadaire. Loin de n’être qu’un organe supplémentaire, son objectif est bel et bien d’aboutir à des décisions concrètes et de conjuguer pour cela les points de vue. Y siègent ainsi la direction générale, mais aussi les responsables des achats, de l’énergie ou encore de la logistique, aux côtés d’experts extérieurs. Le modèle fait ses preuves, et le comité démontre sa capacité d’anticipation et sa réactivité face à une succession de chocs : fluctuations du dollar, volatilité du LME (London Metal Exchange, où se traite l’aluminium), évolution des tarifs douaniers…
« Ce mode de gouvernance s’est également révélé particulièrement pertinent face à la crise énergétique, illustre Youssef El Hariri. En 2022, alors que les prix de l’énergie atteignaient des niveaux historiques, nous avons fait le choix d’adapter notre activité en réduisant notre production de 22 %. Cette décision nous a permis d’éviter une perte estimée à 90 millions d’euros. »
Piloter la stratégie d’Aluminium Dunkerque, c’est aussi façonner l’industrie pour le monde de demain, un monde plus durable et vertueux. Le groupe a ainsi lancé un plan de décarbonation, qu’il décline selon plusieurs plans d’action. Il a ainsi augmenté ses capacités de recyclage d’aluminium : 20 000 tonnes supplémentaires grâce à l’installation d’un nouveau four. Autre pilier structurant, la capture du carbone dans les cuves d’électrolyse. Un projet actuellement en phase de développement, pour lequel le groupe envisage de lancer les cuves pilotes dans les mois à venir, avec l’ambition d’une généralisation à l’horizon 2032. Il n’est toutefois pas le seul acteur impliqué, ce programme étant également tributaire de la mise en place d’infrastructures régionales de transport, nécessaires à l’acheminement du CO₂ capté. Les efforts d’Aluminium Dunkerque sont néanmoins remarqués ; l’entreprise figure parmi les meilleurs producteurs mondiaux d’aluminium en matière de faible empreinte carbone.
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Pour mener ces évolutions, l’industriel s’appuie sur l’innovation. A la suite d’un changement d’actionnariat, il a reconstitué un pôle de R&D en interne et renforcé ses partenariats avec des acteurs externes, aussi bien des industriels que des start-ups et le monde académique. Mais il compte aussi évidemment sur le savoir-faire de ses collaborateurs. « Un savoir-faire et une connaissance que nous devons préserver. Une grande partie de nos collaborateurs vont partir à la retraite au cours des prochaines années, alors nous organisons la transmission des savoirs et la formation. » Des départs qui sont aussi synonymes de nouveaux recrutements. Sur ce plan, Aluminium Dunkerque affiche de fortes ambitions de féminisation de ses effectifs, alors que l’industrie reste encore un environnement très masculin. Le groupe travaille donc sur sa visibilité au sein de son territoire, en étant par exemple partenaire de clubs sportifs, mais aussi auprès des jeunes femmes qui seront les ingénieures de demain. « Pour cela, être une Best Managed Company constitue un atout qui nous permet de faire rayonner nos actions et d’appuyer notre crédibilité », confirme Youssef El Hariri.
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