D’ici à la fin de l’année, le groupe belge Dumarey n’aura plus d’usine en France. Deux mois après l’annonce de la fermeture de Dumarey Powerglide Strasbourg, générant le licenciement de 320 salariés, c’est au tour de son usine d’Andrézieux-Bouthéon de faire les frais des difficultés de l’industriel.
L’annonce a été faite ce lundi après-midi aux 265 salariés de Dumarey Powerglide Bouthéon, dans la Loire : d’ici fin 2026, ils seront tous licenciés.
Le groupe belge, spécialisé dans les systèmes de propulsion et d’injection de carburant pour le marché de l’automotive (750 millions d’euros de chiffre d’affaires, 2.500 salariés dont 600 environ en France) a en effet décidé d’une cessation d’activité de son usine ligérienne.
En cause, un effondrement du chiffre d’affaires de celle-ci, rachetée en 2023 à l’Allemand ZF et positionnée historiquement sur la fabrication de boîtes à vitesse pour les poids-lourds et les utilitaires : 103 millions d’euros en 2023, 48 millions en 2024 (avec des pertes de 10 millions d’euros) et une projection à 28 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026.
Pour faciliter la transition suite à la vente de cette usine, ZF s’était en effet engagé sur des commandes jusqu’en 2027 mais lui-même en grande difficulté, il réinternalise progressivement, allégeant dangereusement la charge de travail de Dumarey Powerglide Andrézieux.
Diversification ratée
Dumarey Powerglide n’a pas réussi à compenser. Deux ans après sa sortie du groupe ZF, l’usine d’Andrézieux-Bouthéon n’a toujours qu’un seul et unique client : son ancien actionnaire. Pourtant, des efforts soutenus de diversification auraient été mis en œuvre, selon Massimiliano Sala, le président de Dumarey Power Glide Boutheon.
« Depuis l'acquisition en 2023, nous avons investi dans la transformation de l'entreprise, d'un centre de coûts vers un centre de profit. Nous avons constitué une équipe commerciale pour explorer de nouveaux marchés et travaillé sur l'image du site afin de nous positionner et d'accroître notre visibilité. Nous avons contacté directement plus de 200 acheteurs potentiels. Malheureusement, la plupart privilégient l'internalisation de leurs opérations pour préserver leurs emplois dans un contexte difficile, en raison du faible retour sur investissement de l'électrification», explique-t-il, mettant en avant une rude concurrence chinoise.
Une explication qui laisse perplexe les représentants des salariés.
« 200 devis et zéro concrétisation ? Il faut sans doute se poser des questions sur la stratégie… Certes, l’automobile va mal, mais pour les poids-lourds la situation est différente. Nous voyons d’autres acteurs voisins, comme le groupe Linamar, qui s’en sortent beaucoup mieux. Depuis longtemps, nous alertons la direction sur la nécessité d’une restructuration. Rien n’a été entrepris, pour finalement fermer l’usine brutalement. Ce groupe n’a aucune stratégie industrielle, nous pensons que leur priorité est une optimisation immobilière », dénonce Patrice Chavot, délégué syndical CFE-CGC de l’entreprise et président la branche métallurgie de la CFE-CGC Loire.
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