Une onde de choc dans la communauté scientifique et les universités américaines. Depuis janvier 2025, les National Institutes of Health (NIH), institutions gouvernementales chargées de superviser la recherche médicale et biomédicale, ont supprimé 2 100 subventions totalisant environ 9,5 milliards de dollars, ainsi que 2,6 milliards de contrats, selon la base de données indépendantes Grant Watch. A ce jour, ce sont environ 6 000 suppressions de postes qui sont intervenues, touchant des domaines stratégiques comme la santé, le climat, la biodiversité ou les sciences sociales. Avec 1,5 millions de chercheurs et une place de second (derrière la Chine) au classement du nombre de publications scientifiques, les Etats-Unis jouent pourtant un rôle clé et pourraient, selon plusieurs prix Nobel, perdre leur place de leader dans la recherche scientifique.
Face à ce contexte qui crée des vagues de mobilité, les universités européennes rivalisent d’initiatives pour capter la fuite de cerveaux. L’Université d’Aix-en-Provence a été la première à lancer son programme « Safe Place for Science » : grâce à un budget de 15 millions d’euros émanant de la fondation Amidex, une trentaine de chercheurs américains devraient pouvoir reprendre en France leurs travaux. En Occitanie, la Région s’est engagée à soutenir les universités de Toulouse et de Montpellier, mobilisant une aide de 2 millions d’euros pour l’accueil d’une quinzaine de chercheurs basés aux Etats-Unis.