Près de la totalité des 70 salariés de l’Unité de stérilisation centrale publique privée (USCPP) de Dijon ont poursuivi ce mercredi leur mouvement de grève devant le CHU Dijon Bourgogne. Officiellement, ils réclament une hausse des salaires. Mais derrière ce conflit social, c’est la fragilité de la structure qui apparaît.Créée pour mutualiser la stérilisation du matériel médical entre établissements publics et privés, l’Unité de stérilisation centrale publique privée (USCPP) reste un rouage méconnu du système hospitalier local. Cette unité traite le matériel utilisé non seulement par le CHU de Dijon Bourgogne, mais aussi par l’Hôpital privé Dijon Bourgogne et la clinique Bénigne Joly.
Selon le CHU, 55 % des volumes pris en charge concernent ses propres blocs opératoires. Le conflit actuel intervient dans un contexte de montée en charge importante. Depuis l’ouverture du pôle d’odontologie de Université de Bourgogne, les salariés assurent que l’activité a fortement augmenté, sans adaptation des effectifs.
Chaque jour, des centaines de dispositifs médicaux transitent par ce site avant d’être renvoyés vers les services hospitaliers. « Depuis décembre, on fait des heures supplémentaires quasiment toutes les semaines. C’est épuisant, ça mine le moral des agents », explique Karima Sanchez, agente de stérilisation et déléguée syndicale à la CGT. « Avec l’ouverture de l’école dentaire, on a absorbé une activité supplémentaire énorme, mais sans embauches. La tendance, aujourd’hui, c’est plutôt aux démissions. » Selon elle, les heures supplémentaires ne sont pas payées mais compensées sur une « balance horaire », récupérables en repos.
Un maillon indispensable aux blocs opératoires
La stérilisation hospitalière reste peu visible du grand public, alors qu’elle conditionne directement la continuité des soins. Chaque instrument utilisé en salle d’opération suit un circuit normé : pré-désinfection sur site, acheminement vers l’unité, lavage en machines, contrôle, recomposition manuelle puis stérilisation en autoclave avant redistribution. Cette organisation fonctionne comme une chaîne industrielle à flux tendu. À l’USCPP, les salariés rappellent que l’enjeu dépasse leur seul site de production.