L'entreprise rhônalpine, spécialisée dans la production de charcuterie sèche, a récemment annoncé un investissement de dix millions d'euros pour faire face à la croissance du marché du snacking. Un segment sur lequel la filiale du groupe espagnol Campofrio veut accélérer.A l'occasion d'un pique-nique, d'un dîner entre amis ou d'un apéritif, la charcuterie s'est faite une place de choix dans les foyers français. 99,7% des foyers en consommeraient, selon une étude de marché réalisée par Propulse by CA (Crédit Agricole). Ce marché, qui pèse près de 9 milliards d'euros par an, se montre néanmoins « peu dynamique en moyenne » confie Stéphanie Chiotasso, directrice marketing d'Aoste, filiale de l'espagnole Campofrio Food Group spécialisée dans la charcuterie sèche.
Mais de fortes disparités existent entre les segments, selon elle.
Si le « marché du tranché sec est plutôt plat voire négatif », ceux du snacking, du fuet (un saucisson espagnol, ndlr) et du chorizo, sur lesquels Aoste se dit « leaders » sont en croissance, affirme-t-elle. C'est bien sur ces derniers que le groupe industriel entend continuer à s'appuyer pour porter sa performance. Une stratégie qui lui a d'ailleurs permis de remporter cette année le prix Innovation ANIA/EY de 2026.
Le snacking fait recette
L'investissement d'une dizaine de millions d'euros annoncé en janvier dernier, visant à accroître les capacités de production du « snacking » de deux de ses usines rhônalpines, témoigne de sa volonté de se renforcer sur ce segment dont le volume de ventes a augmenté d'environ 13% en un an, indique Aoste, soit plus que l'évolution nationale (10%).
« Nous n'avions qu'une marque sur le snacking avec Justin Bridou. Nous avons lancé Cochonou en avril dernier, qui a réussi à prendre 2% de parts de marché en huit mois et a permis de recruter de nouveaux consommateurs », se réjouit la directrice marketing. Ce qui permet à la marque de bénéficier d'un transfert du segment du saucisson, plutôt en décroissance, vers d'autres produits, plus attractifs aujourd'hui.
Ce, en France mais également à l'étranger où part 20% de la production du groupe. « A l'export, nous travaillons essentiellement ce produit snacking qui est déjà exporté en Allemagne, en Espagne et en Belgique. Nous travaillons aujourd'hui les pays d'Europe du Nord, les pays baltes et aussi le Canada », poursuit Stéphanie Chiotasso.