Ce site d’Alstom, considéré comme l’épicentre mondial du groupe pour les circuits électroniques, travaille notamment sur l’intégration de l’IA pour la maintenance prédictive des trains et sur les risques sur la cybersécurité. A la clé, des contrats dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires.
C’est au cœur du discret quartier Bel Air de Villeurbanne, en pleine recomposition, qu’Alstom opère en réalité l’un de ses grands centres stratégiques à l’échelle mondiale : le site Epsilon, où convergent la plupart des fonctions électroniques du spécialiste du ferroviaire, allant d’un pôle R&D à un site de production des cartes mères embarquées dans les systèmes ferroviaires et les trains.
Avec la fabrication de 40 000 nouvelles cartes électroniques par an, soit 15 à 20% des circuits électroniques du groupe, et une activité de recherche et développement (R&D) croissante, le site est passé de 800 à 1 300 collaborateurs en dix ans, dont 80% de cadres. Il est désormais en pleine effervescence, avec un carnet de commandes déjà assuré sur les quatre prochaines années, totalisant près de 90 milliards d’euros de contrats à l’échelle du groupe.
L’un des derniers en date étant celui de la modernisation de la ligne D du métro lyonnais, pour 300 millions d’euros. Avec, derrière, de forts enjeux d’automatisation et de cybersécurité, poussés par l’essor de l’intelligence artificielle et la réglementation.
Le site produit entre 15 et 20% des cartes électroniques intégrées par la société dans les systèmes ferroviaires. (Crédits : ER/La Tribune)
« Passer de systèmes automatiques à autonomes »
Aujourd’hui, la plupart des nouvelles rames de métro sont automatisées. Outre les nouvelles lignes, les métropoles s’attaquent au renouvellement de leur matériel roulant et infrastructures. Le programme Octys (Open Control of Trains, Interchangeable & Integrated System) de la RATP vise par exemple à renouveler le pilotage automatique sur le métro parisien afin d’améliorer la régularité des lignes. Des contrats sur lesquels sont positionnés Alstom, comme son concurrent allemand Siemens Mobility, qui a obtenu en début d’année la fourniture des automatismes embarqués de la ligne 12, à Paris.