Les syndicats dénoncent aussi « un mauvais signal pour l’innovation française » suite au plan d’économies annoncé par le groupe lyonnais SEB, leader mondial du petit électroménager. 2.100 suppressions de postes - dont 500 en France - ont été annoncées, via un plan de départs volontaires.« C’est historique. Cela fait très longtemps que SEB n’a pas mené un plan d’économies groupe de cette ampleur. C’est un mauvais signal pour nous, salariés, mais aussi pour l’ensemble de l’industrie française car le groupe SEB est un fleuron de notre économie nationale, le leader mondial du petit électroménager… », pointe avec amertume un délégué syndical CGT.
Ce représentant syndical, qui ne souhaite pas dévoiler son identité, réagit aux annonces du Groupe SEB, mercredi dernier, dans le cadre de la publication de ses résultats 2025. Des résultats en demi-teinte avec des ventes stabilisées autour de 8,2 milliards d’euros mais un résultat opérationnel d’activité en chute libre de 24% (601 millions d’euros en 2025), nécessitant, selon la direction, un plan d’action pour rétablir un niveau de rentabilité satisfaisant et donc assurer la pérennité du groupe.
Ce plan va se traduire par des économies de l’ordre de 200 millions d’euros et la suppression de 2 100 postes dans le monde, dont 1 400 en Europe. 500 postes seraient concernés en France d’ici fin 2027, répartis sur sept sites industriels. De source syndicale (non confirmée à ce stade par la direction du groupe), il s’agirait de 47 postes sur l’usine de Mayenne (fabriquant notamment les machines à café et les robots Companion), 66 postes chez Tefal à Pont-Évêque (38), 90 postes au siège à Écully (Rhône), 55 sur le site Calor de Rumilly (Haute-Savoie), 32 en Bourgogne, 4 à Saint-Lô, et 4 à Alençon. A ces postes, s’ajouteraient environ 200 départs liés à des aménagements de fin de carrière.
Une annonce « brutale »
« Nous savions que certains sites étaient fragilisés du fait de la délocalisation d’une partie de plus en plus grande de nos produits, notamment en Mayenne. Ils ne font plus que le robot Companion et les machines à café alors qu’ils avaient une panoplie beaucoup plus large il y a dix ans. Idem chez Tefal, le site a été fragilisé. Mais cette annonce est brutale, on ne s’attendait pas à un plan de cette ampleur alors même que nous aurions besoin de l’exact contraire, c’est-à-dire un plan d’investissement industriel et de R&D avec des moyens pour nous relancer en France », souffle encore ce délégué central CGT.
Il rappelle que si la rentabilité est effectivement en baisse cette année, le groupe avait enregistré d’excellents résultats pendant la crise Covid.