La start-up stéphanoise Carbon Cage ouvre une nouvelle voie technologique aux solutions émergentes de captation du CO2 dans les fumées industrielles et au sein de l'atmosphère. Une première pierre devrait être posée dans les prochains mois avec une expérimentation sur deux sites industriels.Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 50 milliards de tonnes de C02 (source Giec) sont émises chaque année à travers le monde mais moins de 50 millions de tonnes sont actuellement captées et stockées via les dispositifs émergents dits de CCSU (Carbon Capture, Utilisation and Storage), dispositifs désignés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat comme « options d’atténuation essentielles » pour limiter le réchauffement climatique, en particulier pour certains secteurs industriels comme la chimie ou la cimenterie.
Actuellement, seule une poignée de sites industriels est équipée de systèmes de captation de CO2 dans leurs fumées (en particulier par le leader actuel du marché, le britannique Carbon Clean ou par le Suisse Climeworks). Quelques usines dédiées à la captation de CO2 dans l’atmosphère ont également été construites (notamment en Islande) mais le marché tarde à décoller vraiment, alors même que les start-ups ont fleuri ces dernières années autour des géants de l’énergie, sur un marché évalué par le GIEC à 86.000 milliards de dollars.
Au cœur de la problématique : des technologies encore très onéreuses à mettre en œuvre et très énergivores. Dans son 6e rapport, le GIEC estimait ainsi qu’une centrale à charbon ou à gaz équipée d’un dispositif de captage de son CO2 avait besoin de 13 à 44% de carburant en plus pour produire la même quantité d’énergie. En cause notamment : l’étape de compression des gaz, énergivore mais aujourd’hui incontournable dans la plupart des procédés utilisés, que ce soit avec les amines (absorption chimique), procédé largement dominant, par l’absorption par charbon actif, par la cryogénie ou via la séparation par membranes.
Réduction de la consommation énergétique
C’est justement ce verrou que la start-up stéphanoise Carbon Cage, tout juste créée et spin-off de l’École des Mines de Saint-Etienne, entend lever. Elle vient de déposer un brevet autour des clathrates hydrates, sujet qu’explore depuis 30 ans son cofondateur, l’enseignant-chercheur Jean-Michel Herri, à la tête d’une équipe de six personnes et organisateur en juin prochain à Lyon de la 11e édition de la conférence internationale sur les gaz hydrates (1.000 personnes attendues). Les clarathes hydrates sont des cristaux, ressemblant à de la glace, se formant dans certaines conditions de rencontre entre l’eau et le gaz.