Tri des déchets : quand les Suisses inspirent les Jurassiens
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Le tri des déchets à l'usine Paprec.
Amandine Ibled
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Le tri des déchets à l'usine Paprec.
Amandine Ibled
Entre la France et la Suisse, la frontière ne sépare pas seulement deux pays : elle distingue aussi deux façons de gérer les déchets. Présentée mi-mai par l’Observatoire statistique de l’Arc jurassien (OSTAJ), une étude franco-suisse révèle que les habitants des cantons suisses produisent moins de déchets ménagers non triés que leurs voisins jurassiens.
En moyenne, les territoires français de l’Arc jurassien génèrent 450 kilos de déchets par habitant contre 411 kilos côté suisse. Une différence qui ne tient pas seulement aux habitudes de consommation, mais aussi à des politiques publiques plus incitatives, selon l'étude.
Car la Suisse applique depuis longtemps un principe simple : le pollueur paie. Dans plusieurs cantons, les sacs-poubelle officiels sont taxés, poussant les ménages à réduire le volume de leurs ordures résiduelles et à mieux trier. « L’incitation se fait à la source, parce que la taxation se fait sur les sachets-poubelles », explique Thésée Sztrakoniczky, chargé d'étude statistique à l’Insee Bourgogne-Franche-Comté.
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Résultat : davantage de déchets recyclables basculent dans les filières de tri plutôt que dans les ordures ménagères classiques. Les auteurs de l’étude soulignent ainsi que la part des déchets non triés reste plus faible côté suisse. Une mécanique que certains territoires français commencent à adopter à travers la tarification incitative, mais de façon encore inégale. « Certains territoires sont très touchés, d’autres beaucoup moins », observe le statisticien. Pour les chercheurs, cette différence de modèle illustre surtout une divergence d’approche politique.